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Le pays que nous parcourûmes est situé entre la droite du Phase et la gauche de la Goubitskale; les arbres y sont isolés, et non en massifs. Des prairies couvertes de bestiaux, des champs de maïs et de tabac nous donnoient l'idée d'une population assez grande, et d'une culture plus généralement répandue que dans les autres cantons que nous avions visités,

CHAPITRE IX.

Départ de Kotaïs.--Kwaktchezivi.--Passage de la Quirila.

— Vartsike. - La Gheniskale. --- Bagdad. - Village de Dimi. - Optcha. — Retour à la Quirila. - Simonetti.Passage de la Tchelabory et de la Quirila. Schorapana. --Description du pays. – Village de Gogni.- Mines de fer.- Sadzivi.-Description du monastère de Gaelaeth. -Retour à Kotaïs.

APRÈS nous être reposés pendant quelques jours, nous repartimes le lundi 10-22 juillet, pour visiter le district de Kotaïs et celui de Schorapana. Nous étions accompagnés par le major Martin Vasilitch, qui, depuis dix-huit ans, commande la ville et le district de Kotaïs. Cet officier, quoique gentilhomme, a commencé sa carrière militaire, comme soldat, sous le règne de l'impératrice Catherine. Pendant la route, il nous amusoit souvent par le récit de ses campagnes, et ne cessoit de s'apitoyer sur les changements survenus depuis quarante ans dans la constitution physique et morale des Russes.

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« Dans ma jeunesse, nous disoit-il, j'ai reçu » plusieurs fois, sans pousser un seul cri, deux » cents coups de bâton, et cependant je pouvois » les éviter en me déclarant noble; mais je vou» lois me sauver l'ennui de la prison. Aujour» d’hui , quand on en donne cinquante à un » soldat, il crie comme si on l'écorchoit. » On conçoit facilement qu'avec un tel mépris pour la douleur, le major, pendant toute notre tournée, n'a eu d'autre lit que la terre, et qu'il est bien loin de connoître dans son intérieur le luxe de l'Europe civilisée (1).

Au lieu de l'ingénieur M. Sonin, nous avions avec nous le baron Fritz, Livonien, capitaine des ponts et chaussées. C'est un homme infatigable, plein d'activité et de zèle, et auquel on doit l'amélioration et la déviation de la belle route qu'on trouve à présent entre Kotaïs et Surham. L'interprète Immirétien du major, deux nobles et quatre cosaques complétoient notre nouvelle caravane.

(1) C'est au major Vasilitch que le gouvernement Russe a confié l'éducation du prince de Mingrelie actuellement régnant; et, depuis cette époque, il est resté entre le gouverneur et l'élève une affection qui les honore tous deux. Le vieux major est aujourd'hui retiré du service, et a accepté l'hospitalité qui lui a été offerte par le prince Dadian.

En sortant de la maison du commandant, placée dans la plaine qui borde la rive gauche du Phase, nous nous dirigeâmes vers le sud pour gagner la Quirila, que nous devions traverser avant d'arriver à Vartsike, distant de quatorze werstes de Kotaïs.

On monte d'abord une colline pierreuse, ou les arbres sont extrêmement rabougris; et, après une marche de deux werstes, on parvient à une plaine assez élevée, d'où l'on domine la belle vallée que borde le Phase jusqu'à son confluent avec la Quirila. De ce point, jusqu'au village de Kwaktchezivi, à sept werstes de Kotaïs, on peut arriver par deux chemins. L'un cotoie le fleuve, l'autre s'en écarte, et traverse plusieurs fois la Crasnoya-Recha, ou rivière rouge, qui souvent n'est qu'un ruisseau ayant à peine dix-huit pouces de profondeur au milieu de son lit, et quelquefois devient une rivière couvrant de ses eaux, à une grande distance, les terres qui la bordent.

Pour arriver à Kwaktchezivi, nous prîmes la route de l'intérieur des terres, en traversant des forêts où les chênes et les hêtres dominent. Sur la droite de la Crasnoya-Recha, il y a quelques portions de terres défrichées : les unes ont été laissées en pâturages, les autres sont cultivées

en maïs. Au-delà, et sur la gauche de la rivière, on voit une forêt très-vaste, dont la possession est un objet de contestation entre la couronne et le monastère de Gaelaeth. A mesure que nous nous éloignions de la ville, les chênes et les hêtres se faisoient remarquer par leur grosseur et leur élévation.

A six werstes de Kotaïs, on trouve le village de Kwaktchezivi. Nous y descendîmes de cheval pour visiter un enclos appartenant à la couronne. Il contenoit environ vingt disséatines (cinquante arpents), dont quarante-cinq en pâturages, le reste en vignes sauvages, qui entouroient des aunes de trente pieds de hauteur, dépouillés de leurs branches, et s'élevoient jusqu'à leur sommet.

On conçoit sans peine la difficulté de la vendange dans un pareil vignoble. Cependant, on en demandoit un prix excessif, comparativement à celui des forêts qui, dans cette contrée privée d'industrie, n’acquièrent de valeur que par le défrichement.

Le village de Kwaktchezivi se compose d'une trentaine de maisons éparses. Le maire, dont la famille est nombreuse, n'ayant pu nous offrir son habitation, nous logea dans le vestibule de l'église. Ce bâtiment est construit en bois, et

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