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de les conduire par la bride, pour leur faire franchir des marches de dix à douze pouces de hauteur, taillées dans le roc et sur les bords d'un précipice, nous arrivâmes à la demeure très-modeste d'un pauvre paysan noble du village de Gogni.

Il est difficile de décrire l'étonnement et l'effroi que produisit sur cette famille la visite inattendue de vingt personnes, presque toutes à cheval. Cependant le bon vieillard chez qui nous étions descendus, ne fut pas long-temps à se remettre de sa frayeur, et il s'occupa immédiatement de repartir entre les propriétaires du village les frais de notre souper. Sa famille, qui se composoit de vingt-deux personnes, dont presque tous les enfants étoient nus ou déguenillés, eut, en moins d'une demi-heure, déménagé la maison qui nous étoit destinée, et le mobilier fut transporté avec beaucoup de confusion dans une autre maison de bois plus petite, qui se trouvoit à peu de distance de la première. La demeure, les meubles, les vêtements, tout annonçoit une excessive misère, et cependant, à ce domaine étoient attachés quelques esclaves.

Le déménagement achevé, la maison fut, en peu d'instants, nettoyée, et un bon feu placé dans le centre de la chambre ne tarda pas à dis

siper le mauvais air, résultat d'une telle population accumulée dans un si petit espace.

Si les fertiles terres de la Mingrelie et de l'Immirette qui bordent le Phase sont encore presque toutes incultes; si les coteaux des environs de Kotaïs, à si peu de distance du point où ce fleuve est navigable, ne sont pas encore couverts de vignes; si enfin les productions de ces contrées font à peine partie des exportations du port de Redoute-Kalé, on doit peu s'étonner qu'au sommet des montagnes, où jamais un Européen n'a pénétré, là où on ne peut parvenir par aucune route frayée, la culture se borne à ce qu'exigent les besoins des habitants, et que la pauvreté y soit extrême, et pour long-temps encore sans remède. Aussi, pour la première fois, me hasardai-je à offrir quelques roubles d'argent au noble Immirétien qui nous avoit accueillis, et il ne crut pas devoir refuser ce foible souvenir de notre passage sur ses terres.

En nous couchant, nous étions menacés d'un violent orage. S'il eût éclaté dans ces montagnes, l'eau seroit descendue de tous côtés par torrent, et nous eussions été exposés à nous voir, pendant quatre à cinq jours, dans l'impossibilité de nous en retourner à Kotaïs. Heureusement, en nous levant le lendemain, nous trouvâmes le ciel serein, et nous nous mîmes en route le 15–27 juillet pour aller voir des mines de fer dont on m'avoit parlé.

J'étois d'autant plus disposé à cette excursion, que, malgré tout ce que les historiens et les voyageurs ont raconté des riches mines de l'ancienne Colchide, non-seulement, comme je l'ai déjà fait remarquer, il n'y existe, dans ce moment, aucune mine exploitée, mais même aucune dont le gisement soit bien reconnu.

Toutes les recherches qui ont eu lieu jusqu'ici pour les découvrir ont été frappées de malheur. Reynegs est décédé avant d'avoir publié son voyage. Rédigé, depuis sa mort, sur des matériaux informes, par un éditeur qui ne connoissoit pas le pays, cet ouvrage est tellement obscur, qu'on ne reconnoît même pas la plupart des positions qu'il indique. Le comte Poutzkin, homme plein d'instruction et de zèle, a été atteint par la mort au milieu de ses recherches. La précieuse collection qu'il avoit déjà réunie, ses nombreuses notes et ses mémoires passent pour avoir été en grande partie dispersés. Enfin, en 1821, un ingénieur, envoyé exprès, a été attaqué de la fièvre, au milieu de ses excursions, dans le canton de Schorapana, est reparti pour Tiflis avant d'avoir découvert rien de bien im

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portant. Il s'est borné à visiter une mine de charbon végétal, près du monastère de Gaelaeth , mine depuis long-temps connue, et à examiner les pyrites de cuivre si communes dans ce canton.

Nous cheminâmes pendant près de trois heures, tantôt dans des portions de forêts, quelquefois dans de belles prairies, et, en avançant toujours vers les montagnes, nous nous trouvâmes enfin dans une vaste plaine aride et sablonneuse, où on voyoit une grande quantité de trous remplis d'eau, d'où on avoit retiré le minerai de fer dont on nous avoit parlé.

La mine n'est ni en roches, ni en rognons, ni en galets; c'est simplement une ocre jaune, un sable ferrugineux lié par une espèce de gluten qui le rend friable. Peut-être couvre-t-il une mine plus riche. De là nous nous dirigeâmes vers un village dont les habitants s'occupent à extraire le minerai, à le fondre et à l'affiner pour en faire ensuite des instruments d'agriculture et des couteaux qui sont d'une très-bonne trempe.

Arrivés au village, nous descendimes chez un forgeron pour examiner son travail. C'est absolument l'art dans l'enfance : il retiroit environ douze livres de fer affiné d'un quintal de sable.

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Mais en évaluant approximativement ce qui doit nécessairement se perdre par suite de la grossièreté des procédés, il est vraisemblable que, si cette mine étoit travaillée avec plus de connoissance pratique, on pourroit retirer au moins vingt livres de fer du quintal de sable. Nous achetâmes quelques couteaux fabriqués sous nos yeux; on nous les fit payer une abaze la pièce (80 cent.) : après nous être reposés quelques heures dans la cour du forgeron, sous l'ombrage d'un magnifique tilleul, nous nous remîmes en route, dans l'intention d'aller coucher au village de Sadzivi, à six werstes de l'ancienne abbaye de Gaelaeth et à quinze werstes de Kotaïs. .

Nous avions monté pendant plusieurs heures, avant d'arriver au village occupé par les forgerons, et il nous fallut monter encore l'espace d'une heure au milieu des bois, avant de parvenir au sommet excessivement élevé, où nous devions trouver le revers de ces montagnes. De là nous découvrîmes un pays immense et un horizon s'étendant jusqu'à la chaîne qui separe le Gouriel du pachalick d’Akhaltzikhe. Nous mîmes deux heures pour en descendre, allant d'un pas à faire six werstes à l'heure; et, après avoir traversé un très-beau pays bien cultivé, nous arrivâmes à l'habitation des trois

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