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quelques années, on n'y semera que le coton à longue soie, dont le prix est bien plus élevé sur les marchés de l'Eui-ope. Déjà on en a fait un premier essai avec de la graine envoyée du Bengale par Bender-Boucher. Cette innovation aura peut-être un jour pour cette contrée, pour la Géorgie, et pour la partie de l'Arménie qui borde l’Araxe, l'influence du coton jumelle sur la richesse de l'Egypte...

Le tabac du district de Vacca et celui de la Mingrelie, cultivés, recueillis, et surtout emballés avec plus de soin, pourroient rivaliser avec les meilleurs tabacs de l'Amérique. Le mûrier croît dans plusieurs cantons de ce district; il pourroit cependant y être plus répandu. L'olivier s'y rencontre sauvage; la culture de cet arbre seroit d'autant plus avantageuse au pays, que les huiles trouveroient leur débouché dans toute la Russie méridionale.

Le chêne qui produit la noix de galle, le chêne liége et le pistachier, ne pourroient manquer d'y réussir; et, s'il faut en croire les Anglais qui, en venant de l'Inde, ont visité l'ancienne Colchide, les terres fertiles et grasses du district de Vacca conviendroient parfaitement à l'indigo. Les habitants de la partie montagneuse de ce canton ne cultivent que la vigne, le mais,

le millet, l’orge, le seigle et un peu de blé.

Dans le district de Kotaïs, et dans une partie de celui de Schorapana, les vignes sont trèsmultipliées : elles croissent sauvages dans toutes les forêts, et produisent une grande quantité de vins. Le mais , le millet et l'orge y sont cultivés. On y trouve quelques haras, mais peu de vaches et de moutons.

Dans le district de Radscha, la culture se porte spécialement sur le froment, le seigle et l'orge : on n'y sème ni maïs ni millet, la température de ce pays n'étant pas assez chaude pour ces céréales. On ne trouve pas d'avoine dans toute l'ancienne Colchide; c'est l'orge qui en tient lieu.

Arts et Industrie.

On peut croire facilement que, dans la Colchide, séparée de l'Europe pendant tant de siècles, l'industrie doit être très-circonscrite, et que, concentrée dans les familles, elle n'a jamais pu former des fabriques ou des manufactures. On est cependant étonné de trouver, dans un pays où les instruments les plus communs ne sont pas même connus, des arts qui tiennent à une société déjà avancée dans la civilisation, et on est disposé à croire alors qu'ils sont dus à

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une longue tradition. Ainsi l'on tisse des toiles de lin dans la Mingrelie et dans quelques cantons de l'Immirette; et les habitants de Vacca fabriquent des soieries aussi belles et aussi brillantes que celles qui viennent d’Yezd et de Cachan, villes célèbres de la Perse pour ce genre d'industrie. Enfin, l'art de la teinture y est assez avancé, moins pour la variété des couleurs que pour leur éclat et leur solidité. On sait surtout extraire les plus belles nuances de la garance sauvage.

A côté de ces produits, on voit des roues d'une seule pièce, sans raies ni jantes, et l'usage de la scie n'est encore répandu que dans les parties de l'Immirette voisines des cantonnements des troupes Russes.

Depuis cinq ans, il s'est formé sur les frontières de l'Immirette et de la Mingrelie une manufacture pour le blanchiment de la cire et la fabrication des bougies : on en doit l'établissement à des Grecs venus de Taganrog.

Une réunion de circonstances favoriseroit dans cette contrée la formation des usines et des grands établissements agricoles. On y trouve à très-bon compte des bois des plus belles dimensions et des meilleures qualités; on peut s'y procurer, par Taganrog, des fers au plus bas prix. Les productions de la terre et les produits du travail industriel trouveroient leurs débouchés dans l'intérieur de l'Asie et dans toute la Russie, sans craindre aucune interruption, dans le cas d'une guerre maritime. On peut louer pour la plus foible rétribution des indigènes d'un caractère doux et susceptibles d'affection et de zèle. Le tchetwert de maïs, pesant trois cent trente-trois livres poids de marc, ne vaut ordinairement que 7 ou 9 francs, et celui de blé 12 ou 15; la viande, 8 ou 10 copecs ou centimes la livre. On obtient pour io à 12 francs un cochon pesant cent à cent vingt livres. Enfin la bouteille de vin ordinaire se paie à peine un sou.

Pour compléter le tableau des détails d'économie rurale, je dirai qu'on peut, au printemps et à l'automne, se procurer au marché de Tiflis des chevaux circassiens de quatre à sept ans, depuis 40 jusqu'à 300 francs; qu'une paire de bæufs de la petite espèce, il est vrai, ne vaut que 80 à go francs, une paire de buffles 120 à 150 francs.

Si nous ajoutons à ces détails que le pays est entrecoupé de rivières; que le Phase et la Khopi communiquent à la mer, et facilitent le transport des productions pour tous les pays du monde, on sera forcé de convenir que le bassin de l'an

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cienne Colchide est un de ceux où le travail de l'homme industrieux peut le plus facilement trouver sa récompense; il ne demande que deux choses, sûreté et protection, et tout porte à croire que l'une et l'autre continueront à lui être solidement garanties.

A l'appui des détails dans lesquels je viens d'entrer sur la richesse du sol de l'Immirette, je crois devoir citer la descrisption de cette contrée par le docteur Tooke, Histoire de l'Empire de Russie, tom. vi, pag. 231.

« Tout le pays est si richement favorisé de la » nature, que ceux qui l'habitent n'ont rien à » desirer; le climat, le sol, tout sert à l'abon» dance qui y règne, aux jouissances qu'on » peut ambitionner. Les montagnes sont cou» vertes de chênes, de frênes, de hêtres, de » châtaigniers, de noyers, d'ormes, entourés » de vignes sauvages qui produisent une grande » quantité de raisins. Le coton y vient sans cul'» ture. On y trouve les plus beaux arbres frui» tiers de l'Europe. Le riz, le froment, le millet, » le chanvre, le lin remplissent les plaines, sans » exiger les sueurs de la culture, et sans craindre » les caprices des saisons. Les vallons fournissent » les plus abondants pâturages; les rivières » donnent une grande quantité de poissons. Les

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