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renseignements les plus exacts, et ne les présenter qu'après avoir vérifié et comparé les récits et les notions que j'ai obtenus des capitaines qui ont fréquenté ces ports, baies ou anses; les rapports des employés russes qui y ont séjourné, et ceux des Arméniens qui en ont suivi le commerce.

Je me suis aidé aussi pour ce travail d'un voyage fait en Circassie en 1818, et publié par M. Thaitbout de Marigny, aujourd'hui viceconşul du roi des Pays-Bas à Théodosie, et surtout de l'ouvrage du consul Peyssonnel sur le commerce de la mer Noire.

Temrouk et Taman faisoient autrefois partie de la Circassie. Ces deux villes sont aujourd'hui occupées par les troupes russes, qui ont construit près de Taman une forteresse, à laquelle ils ont donné le nom de Phanagorie, en souvenir d'une ville grecque ancienne qui existoit sur le méme emplacement.

Des débris de statues, de chapiteaux, de fûts de colonnes, des inscriptions en marbre, confondus parmi les pierres brutes qui ont été employées à cette construction, servent de témoignage à la civilisation des anciens habitants de cette antique cité.

Rien ne présente un plus étrange contraste

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que le goût des beaux arts si remarquable chez les Grecs, qui, vers le temps de Périclės, vinrent fonder une colonie sur la côte méridionale du détroit de Taman, et la barbarie qui, il y a à peine un demi-siècle, signaloit ces fameux cosaques zaporogues transportés, sous l'impératrice Catherine II, des cataractes du Dnieper sur les bords du Kouban, et désignés aujourd'hui sous le nom de cosaques tchernomorsky ou de la mer Noire.

Leur origine remonte vers l'an 800 ; mais leur première assemblée guerrière ne date que de 948.

Mélange confus d'aventuriers de toutes les nations, pour être admis parmi eux, on n'avoit besoin d'autres titres que d'un courage excessif et d'une obéissance aveugle aux lois féroces qu'ils s'étoient imposées (1).

Si un cosaque en tuoit un autre de dessein prémédité, on le lioit au mort, et on les enterroit ensemble.

Lorsque, fixés depuis long-temps en Ukraine, quelques-uns d'entre eux voulurent sortir du célibat, leurs lois contre le libertinage des femmes furent impitoyables.

(1) Voyez l'Histoire des Malo-Russes ou Petits russiens.

Si une fille mettoit au monde un enfant, on la condamnoit à être liée par les cheveux à la porte de l'église, et tous ceux qui y entroient lui crachoient à la figure, et lui disoient des injures.

Lorsqu'une femme mariée étoit prise en flagrant délit, elle étoit enterrée vivante jusqu'au cou, et dans cet état on la laissoit mourir de faim.

A côté de ces coutumes et de ces lois barbares, l'hospitalité étoit généralement en usage parmi eux, et un étranger qui voyageoit dans leur contrée étoit assuré d'être partout bien accueilli. Enfin, ils avoient pour les vieillards un respect et une vénération qui rappeloient les meurs patriarchales.

Les cosaques zaporogues ont été long-temps un objet d'inquiétude pour tous leurs voisins, les Russes, les Polonais, les Moldaves, les Tartares et les Turcs. Ils se mettoient tantôt sous la protection de l'une de ces puissances, tantôt sous la protection de l'autre; mais ils étoient généralement plus disposés en faveur des Russes , qui, comme eux, professoient la religion grecque.

Le sultan Amurat avoit coutume de dire que si tous autres que les Zaporogues tramoient quelque dessein contre lui , ou lui faisoient la guerre, il n'en dormoit pas moins des deux côtés; mais que si les Zaporogues menaçoient de l'attaquer, il se tenoit constamment éveillé.

Ils n'inspiroient pas moins de craintes au sultan Osman et à ses successeurs.

Aussi dans tous les traités entre l'empire ottoman et les Polonais, le premier article stipuloit pour ces derniers l'obligation de défendre aux cosaques la navigation du Borysthène et du Pont-Euxin.

Le premier devoir d'un Zaporogue étoit de savoir descendre avec son bateau les cataractes du Dnieper; réunis ensuite, les bateaux se serroient les uns contre les autres, passoient tous ensemble au milieu des deux forteresses que les Turcs possédoient à l'embouchure de ce fleuve, et quarante heures leur suffisoient pour aller piller Trébizonde ou Sinope, et faire des prisonniers à la vue de Constantinople.

Le feld-maréchal Razumotski étoit cosaque de l'Ukraine, et fut nommé hethman des cosaques zaporogues. .'

C'est en lui que finit cette dignité, qui parut à la Russie trop dangereuse, à cause du pouvoir qu'elle donnoit à ceux qui en étoient revêtus.

Placés sur les frontières de la Pologne, leurs

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fréquentes révoltes n'avoient pu être entièrement oubliées : soit pour ce motif, soit que leur caractère guerrier parût fait pour offrir à l’impératrice Catherine II une garantie contre les attaques fréquentes des Circassiens, placés sur la gauche du Kouban, ils furent répartis par elle sur la droite de ce fleuve, l'Hypanis des anciens, depuis Aoust-Laban jusqu'à Taman.

Il est juste à présent de reconnoître que, depuis que les cosaques tchernomorsky se sont livrés à la culture des terres fertiles qu'on leur a distribuées, leurs mours se sont adoucies, leurs coutumes et leurs lois les plus féroces ont été abolies ou sont tombées en désuétude. Enrichis par l'agriculture, par le commerce et par la pêche, ils se sont occupés à donner à leurs enfants l'instruction qui leur manquoit; et j'ai vu en 1817 un des fils de ces fiers Zaporogues élevé au lycée Richelieu, à Odessa.

Ils ont amené avec eux de l'Ukraine la belle espèce de boeufs qui y est généralement répandue, et qu’on regrette de ne pas voir encore transportée dans les provinces au-delà du Caucase.

La race de leurs brebis est beaucoup meilleure que celle que l'on trouve le long du Don. Cette amélioration est due à Pierre-le-Grand,

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