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Kertch, et transporter les approvisionnements nécessaires à la portion de l'armée russe cantonnée dans l'ancienne Colchide. M. de Scassi est aujourd'hui protecteur du commerce de Kertch, l'ancienne Panticapée, en Crimée, port qui, en dernier lieu, a été ouvert aux bâtiments de l'Europe.On y trouve une quarantaine et une douane. Un ukase accorde aux étrangers qui veulent s'y fixer le terrain nécessaire à la construction de leurs maisons; et enfin, par une faveur toute particulière, l'administration des salines placées près de cette ville livre le sel, article de première nécessité sur toute cette côte, au prix d'extraction, du moment qu'il est destiné à la consommation des Circassiens ou des Abazes. J'y ai débarqué en juin 1824. Les relations de commerce de cette ville avec l'Europe, avec Taganrog et avec la côte de la Circassie, n'avoient encore qu'une très-foible importance.

Quoi qu'il en soit, si, comme tout le fait présumer, les intentions de Sa Majesté Impériale sont encore portées vers les mesures pacifiques et de conciliation, rien n'est plus propre à les appuyer que les relations que les Européens fixés sur la côte des Abazes et de la Mingrelie pourront établir avec les Circassiens.

M. Thailbout assure que les Circassiens se

souviennent encore des Génois; ils les nomment Dgenoves; ils disent qu'ils avoient des établissements chez eux, et les considèrent comme leurs frères. Il ajoute qu'ils donnent le même titre aux Français, singularité qu'il ne peut expliquer. Elle sembleroit indiquer qu'au milieu de tous les malheurs attachés aux croisades, des guerriers français auront pu s'embarquer à Nicée ou à Nicomédie, et aller former des établissements sur la côte de la Circassie, apportant parmi eux l'usage, encore existant, des cottes de mailles, des brassarts, des casques, et de ces sabres dont le pommeau forme une croix. Plusieurs de ces lames antiques portent pour légendes pro Deo, pro aris et focis, Dieu le veult, et tant d'autres devises qui indiquent évidemment une origine française. On se procure assez facilement ces armes chez les Circassiens, et chez les Souanes leurs voisins.

A environ soixante werstes de Ghelintchik, on trouve la baie de Pschad, à peu de distance de la frontière des Abazes. Depuis que les établissements de M. de Scassi ont été détruits, à la suite d'un mécontentement qu'avoit déterminé l'enlèvement d'une jeune princesse par un de ses employés, il paroît avoir renoncé à cette station, pour concentrer ses relations à Ghe

lintchik. Sur toute cette côte, M. de Scassi avoit pour konac ou protecteur un prince, MehmetNidar-Oglow, parent d'une princesse circassienne, célèbre par sa beauté et son courage héroïque, et qui est devenue l'épouse d'un général Bukholtz.

La baie de Pschad est sûre pendant neuf mois de l'année; sa profondeur commune est de sept à neuf brasses d'eau; le fond est de vase et de coquillages. Cette place est absolument privée de commerce.

La vallée est située par le 44 degré 22 minutes latitude septentrionale. La rade est formée par deux caps.

Toutes les terres de cette partie de la Circassie sont remarquables par leur fertilité et par la forte végétation des arbres dont elles sont couvertes.

Le climat est tempéré dans les montagnes, chaud dans les plaines, et généralement salubre. Si quelques points de la côte sont malsains, il faut l'attribuer plutôt à l'insouciance des hommes et à leur défaut de prévoyance, qu'à la nature même du pays.

A environ trente werstes de Pschad, et avant d'arriver à la baie de Soubaschi, on trouve les limites de la Circassie et du pays des Abazes,

telles qu'elles sont fixées dans la plupart des cartes.

Je n'ai pu m'assurer si ces limites ont été établies par la politique ou par des invasions, ou si elles séparent naturellement deux peuples qui n'ont aucun rapport pour la langue, les traits et le caractère, et qui ont évidemment une origine différente.

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CHAPITRE III.

Soubaschi. — Mamaï. - Ardler. — Défilé de Gagra.- Baie

de la Pitzunda. Ancien monastère. — Superstition des Abazes. — Soukoum-Kalé. - Sa baie. - Son enceinte. Importance de cette position pour le commerce. — Moyen facile de communication avec Redoute-Kalé. -Observations sur les forteresses d'Asie réclamées par la Porte.- Excursion dans le pays.-Son aspect. Renseignements sur la famille du prince des Abazes. -Insalubrité du pays facile à détruire. -Mines dans les environs.

- Commerce des Abazes. — Leur caractère. Leur langue comparée à celle des Circassiens et des Géorgiens. -- Manière dont se fait le service de la place.- Observation sur la situation de la garnison de Soukoum-Kalé.

La première baie qu'on rencontre sur la côte des Abazes est celle de Soubaschi : elle est assez sûre. Il suffiroit de quelques travaux hydrauliques peu importants pour en faire un bon port de refuge. On trouve ensuite la baie de Mamaï, beaucoup plus ouverte, et qui n'est véritablement qu'une anse. Elle n'est fréquentée que pendant l'été, par les bâtiments qui y viennent charger de beaux bois qu'on obtient encore,

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