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En indiquant en peu de mots de quelle manière l'Angleterre s'est rapidement élevée à 'un si haut point de puissance financière et territoriale, j'ai fait pressentir que pendant la paix elle ne pouvoit manquer de conserver une grande supériorité sur tous les autres peuples du continent, et de les maîtriser dans leur commerce, dans leur industrie et dans leur navigation. 14 ** En effet, depuis dix ans l'Angleterre a suivi ses plans d'agrandissement avec une persévérance et un succès qui la mettent désormais hors de toute ligne, et détruisent seuls tout l'équilibre de l'Europe.

Dans l'Inde, peu satisfaite de ses vastes possessions, elle domine le Nepal, menace

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probité du souverain étoient différentes de celles

du particulier; qu'il devoit marcher plus librement » et plus au large, à cause du pesant fardeau dont il

étoit chargé (1); » et souvent il a mérité le reproche d'avoir été corrupteur pour s'assurer des votes au Parlement; mais du moins il est resté incorruptible, et a laissé à sa patrie le soin de subvenir aux frais de ses funérailles, tant il est vrai que le désintéressement est inséparable d'une âme véritablement élevée.'

(1) Voyez Charon, de la Sagesse.

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le Thibet, iet convoite l'empire des, Birmans; par l'envahissement du royaume d'Ava, elle touche à la Chine (1); on la voit enfin occuper pendant trois ans l'île de Kismich , dans le golfe Persique, comme si elle vouloit annoncer d'avance que son intention n'est pas de laisser à la Russie le droit exclusif de disposer un jour de la Perse.

En Afrique, ses projets ne sont pas moins étendus; enfin, en Amérique, si, pour ne pas aliéner les nouveaux Etats qui s'y forment, et dont elle a la première reconnu l'indépendance, elle ne se montre pas conquérante, elle sait du moins s'assurer moralement la domination presque exclusive de cette contrée, en faisant des avances d'argent aux cultivateurs 'et aux gouvernements (2) 16 (1) On ne peut avoir oublié qu'en 1758, lord Çlive, alors gouverneur général de l'Inde, proposa de faire la conquête de la Chine, ne demandant pour y réussir qu'une armée de quinze mille hommes. La proposition en fut faite alors au Parlement d’Angleterre.

(2) Les désastres éprouvés par le commerce de

-- Ici, il n'est peut-être pas sans intérêt de présenter quelques observations sur la situation du Nouveau-Monde. " Le Nouveau-Monde, pendant trois siècles dans la dépendance de l'Europe, est aujourd'hui presque tout entier émancipé. Les diverses parties de ce vaste continent, long-temps forcées de suivre les lois et de se diriger dans leur administration d'après les principes et la volonté de leurs métropoles, obligées d'en recevoir les objets nécessaires à leur existence, et de leur vendre même exclusivement leurs produits, se sont affranchies de la domination de leurs anciens souverains, et sont aujourd'hui maîtresses de leurs actions, de leur administration, de leurs alliances, de leur commerce et de leurs lois fiscales. · Cette révolution, dont les États-Unis ont donné le premier exemple, qui a été

1 l'Angleterre, pour n'avoir pas calculé les difficultés de l'exploitation des mines du Mexique, et s'être exagéré la consommation de l'Amérique méridionale, ne sont qu'un mal passager, qui ne détruit pas mes conjectures.

suivi par Saint-Domingue, et qui vient de s'étendre à l'Amérique presque tout ent tière, loin d'avoir pour l'Europe quelque inconvénient, seroit, au contraire, pour elle la source d'immenses avantages , si une seule nation, par

l'effet de son incalculable richesse et de sa puissance maritime, n'avoit pas, comme je viens de le dire, obtenu dans le Nouveau-Monde, à peine émancipé, une influence et des avant tages qui équivalent à l'empire qu'exerçoient l'Espagne et le Portugal sur ces yastes contrées.

Si l'Amérique du nord, parvenue, dans un espace de quarante ans, à un degré de population, de richesse et de puissance qui garantit à jamais son indépendance, ne peut être considérée comme maîtrisée par l'Angleterre, sa force croissante n'en est pas moins un objet d'inquiétude pour l'Europe, d'autant plus que l'animosité qui existoit entre la Grande-Bretagne et ses anciennes colonies peut un jour s'amortir, et même s'éteindre. Déjà il esť moins question entre elles de rivalité; déjà on peut entrevoir toutes les causes, je ne dis pas seulement d'un rapprochement entre ces deux peuples, mais même d'une intimité, d'une union solide, qui aura pour but le monopole de l'Amérique méridionale, et vraisemblablement de toutes les terres baignées par la mer Pacifique et par l'Océan indien. Origine, langue, moeurs, religion, souvenirs de gloire dans le passé, intérêts communs dans le présent, tout peut concourir à former entre les deux peuples cette alliance, dont l'union intime du continent peut seule faire le contre-poids. su

En effet, l'Amérique méridionale présentera long-temps aux États-Unis un dée bouché immense

pour les productions de leur agriculture, et à l'Angleterre de grands moyens d'écoulement pour son industrie manufacturière. Si le gouvernement Anglais n'étoit

pas mu par la plus noble philantropie, nę pourroit-on pas

dire que l'attention scru+ puleuse avec laquelle cette puissance, dans le premier traité avec la république de la Plata , lui a interdit le commerce des Noirs,

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