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par les liens puissants de l'amitié, de l'intérêt et du commerce.

Tels sont les résultats que l'on obtiendroit de ces établissements : ils sont dignes de fixer l'attention des souverains de l'Europe, et méritent leur intervention, parce que, dans cette vaste contrée, toutes les pensées pourroient être fortement occupées, toutes les pertes réparées, les souvenirs pénibles effacés, et les passions haineuses éteintes.

Ici se bornent mes observations sur l'Asie occidentale. Le temps couvre encore d'un voile impénétrable le sort des contrées sur lesquelles j'ai cherché à fixer l'attention publique. Quels que soient à leur égard les décrets de la Providence, on me saura gré peut-être de faire connoître avec quelques détails cette partie de l'Asie où le commerce et les colons ont été appelés par l'ukase du 8-20 octobre 1821, cette contrée où, dans les temps anciens et le moyen-âge, s'opéroit l'échange des produits de l'Europe contre ceux de l'Asie.

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Description d'Odessa et de son commerce.- Départ de cette

ville. --- Arrivée à Sébastopol. — Description de ce port. - Navigation le long de la côte de la Circassie et de l'Abazie. — Arrivée à Soukoum-Kalé.

***

L'EMPEREUR ALEXANDRE venoit, par un ukase en date du 8-20 octobre 1821 (1), de rouvrir aux peuples de la Méditerranée la plus courte et la plus ancienne route du commerce de l’Asie.

Cette mesure, dont déjà il est permis de prévoir les vastes résultats, ayant été adoptée d'après les représentations du général en chef Yermo

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Talice.

loff, sur les mémoires et les plans que j'avois soumis aux ministres de S. M. I., l'empereur voulut bien faire transmettre à S. E. M'. l'amiral Greig, chef des forces navales sur la mer Noire, officier aussi distingué par l'étendue de ses connoissances que par son extrême affabilité, l'ordre d'envoyer à Odessa le premier bâtiment de guerre qui seroit dans le cas de partir de Sébastopol pour la station de Redoute-Kalé, et me donner en même temps l'autorisation de m’y embarquer, ainsi que les personnes qui devoient m'accompagner à Tiflis, où je venois d'être nommé consul de France.

Je partis, en conséquence, de Pétersbourg le 1 mars 1822, et je me rendis par Moscou, Toula, Orel, Koursk, Kharcov, Bakhmout, Taganrog, Kherson, et Nicolaiew, à Odessa.

L'entrée de cette dernière ville est assez belle. Une chaussée en fer à cheval y conduit : on est étonné, en arrivant, de la largeur des rues et de la grandeur des places ornées de belles rangées de peupliers.

Odessa n'étoit, en 1792, qu’un village tartare, qui, ainsi que sa rade, portoit le nom d'Adgibey. L'aniral de Ribas, persuadé de l'insalubrité de Kherson, indiqua à l'impératrice Catherine cette position comme propre à y bâtir une ville,

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