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d'arriver dans la ville, paroît une des causes principales des maladies qui attaquent la garnison. Il pleut d'ailleurs beaucoup à Kouba, et comme les rues sont étroites et la population concentrée, l'humidité s'y conserve long-temps. Si on ajoute à ces circonstances celle de la mauvaise qualité des eaux, on sera peu étonné de la mortalité qu'éprouvent tous les ans les régiments cantonnés dans cette ville. C'est

par ce motif que le général en chef, en donnant l'ordre de chercher dans le canton de Kouba une position convenable pour y bâtir une grande forte resse, a recommandé surtout de s'assurer qu'il y eût des eaux saines, et que l'air у

fût lubre.

Le district de Kouba fournit beaucoup de grains, dont ils approvisionnent le Chirvan, quand la récolte manque dans ce dernier kanat. Il produit, outre de la soie, du safran, de la garance et du coton. On y prépare du salep avec la racine de l'orchis, dont on y trouve plusieurs variétés. Le pays abonde aussi en chevaux et en bestiaux de toute espèce, l'humidité y multipliant les foins. Les habitants de Kouba sont agriculteurs, commerçants, et fabriquent de gros draps, qu'ils échangent avec les peuples des montagnes contre du miel, de la cire, et

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plusieurs sortes de pelleteries. Ils excellent surtout dans le tissage des tapis, dont Kouba est le marché principal.

Le général de Wrède, qui étoit plein de prévénance pour nous,

avoit aussi accordé l'hospitalité à un pauvre Allemand qu'un grand seigneur faisoit

voyager en qualité de botaniste. Il n'avoit que 1,000 roubles assignations (1,000 fr.) par an, pour ses frais de route et de nourriture. Comme ses appointements de l'année étoient consommés, et qu'il n'avoit plus le moyen d'aller en Perse, où il se proposoit de recueillir des plantes, il tâchoit, en donnant des leçons de français aux enfants de quelques officiers Russes, de ramasser un peu d'argent pour pouvoir continuer son voyage. Ce botaniste me fit voir la collection de plantes qu'il avoit recueillies dans la province de Kouba et dans les montagnes du Caucase, et je lui dois les diverses espèces d'orchis

que

fournit le pays, et quelques autres plantes assez rares que j'ai envoyées au Jardindu-Roi à Paris. ? Deux jours avant mon arrivée à Kouba, ma santé, qui jusque-là avoit résisté à toutes les épreuves, commença à se ressentir de l'influence de l'air insalubre des pays que nous parcourions, et de la nourriture à laquelle

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nous avions été réduits. J'eus quelques accès de fièvre à Kouba, et, espérant m'en débarrasser en m'éloignant de cette ville, je me décidai à me mettre en route pour Derbent, où nous comptions nous reposer pendant quelques jours, en attendant la réunion du convoi qui devoit nous conduire à Kizlar.

Après avoir pris congé du général de Wrède, dont les attentions s'étendirent sur tout ce qui pouvoit faciliter notre voyage, et ajouter à son agrément, nous nous mîmes en route le 3-15 octobre. Selon l'usage de ces contrées, quelques officiers de la garnison, dont j'avois fait connoissance chez le général de Wrède, voulurent absolument nous accompagner à cheval pendant les huit ou dix premières werstes du relai que nous allions parcourir. C'est celui de Ziakour, qui est à trente-cinq werstes de Kouba. En sortant de la ville, on traverse la Koulinka, dont le passage nous présenta d'assez grandes difficultés, parce que, des deux côtés, les bords sont forts élevés et très-escarpés. Les soldats de notre escorte nous rendirent de grands services dans cette circonstance, et nous mirent à l'abri de tout accident.

Arrivés sur l'autre bord, nous rencontrames une partie de l'infanterie et les deux canons des

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tinés à accompagner le convoi qui devoit partir avec nous de Derbent

pour

Kizlar. Le pays que nous parcourûmes pendant ce premier relai offre d'assez beaux sites : on voit des plaines, des vallées et des montagnes couvertes d'arbres très-hauts. Les terres me parurent d'une bonne qualité. Les habitants n'exploitent que celles qui, à portée des nombreux torrents qu'on traverse, peuvent facilement être arrosées. Tout ce canton se ressent du défaut de commerce. Quelques Arméniens seuls s'en occupent : malheureusement ils ont très-peu de capitaux, et ne peuvent que foiblement encourager la vente des productions d'une agriculture qui seroit susceptible d'une grande extension.

Les villages tartares sont assez nombreux. Les habitants sont actifs, industrieux, et s'adonnent spécialement à l'éducation des chevaux et des bestiaux.

Il étoit deux heures lorsque nous arrivâmes à Ziakour, Deux cents hommes d'artillerie y sont cantonnés; ils étoient commandés par M. le lieutenant-colonel Fling, né en Livonie. Cet officier nous offrit l'hospitalité, et nous passames la nuit chez lui.

La population de Ziakour est de huit cents

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âmes; les habitants sont actifs, intelligents et laborieux : ils excellent dans la fabrication des tapis. Leurs femmes jouissent d'une grande réputation de beauté.

Le lendemain, de bonne heure, nous nous remîmes en route. En sortant du village, on descend une côte très-rapide, et on traverse ensuite un torrent, dont le passage est souvent dangereux. A peu de distance de ses bords, est placé le poste des cosaques. La situation est mauvaise, sous le rapport de l'insalubrité de l'air. Le quart des cosaques meurt dans l'année : aussi eûmes-nous beaucoup de peine à en obtenir trois pour escorte, et cependant le chemin n'étoit pas sûr. Deux Arméniens qui, trois semaines auparavant, traversoient dans leur arabat un torrent qu'on trouve à six werstes du poste, avoient été enlevés par des Lesghis

. Ici commence et continue presque jusqu’an poste

de Koular la région des torrents et des forêts. On y voit peu de terres cultivées. Le plus rapide, le plus large et le plus dangereux des torrents qu'on est forcé de traverser, est le Zamour, qui se jette dans la mer Caspienne, et que d'Anville suppose être l'Albanus de Ptolomée. Ce torrent est formé

par les eaux qui se précipitent en abon

des cosaques

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