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dance, et de plusieurs côtés, du haut des montagnes qui l'environnent. Trois mois auparavant, il avoit présenté beaucoup d'obstacles au passage de l'armée du général Mandatoff, au moment où il alloit attaquer un kan Tartare qui s'étoit fortifié dans le village de Causerek, bâti dans une situation presque inexpugnable. Un cosaque et un Tartare furent cependant les seuls qui se noyèrent dans ce passage.

Quoique les eaux fussent extrêmement basses, nous eûmes néanmoins beaucoup de peine à traverser un des bras du Zamour : la surface du lit étoit entièrement couverte de troncs d'arbres énormes qui, amenés par les eaux, attestoient la force impétueuse du courant après les pluies d'orages (1).

Cette difficulté vaincue, nous arrivâmes en assez peu de temps à Koular, poste des cosaques, où nous ne nous arrêtâmes que le temps nécessaire pour changer de chevaux et d'escorte.

De Koular à Derbent, on compte trente-une

(1) Dans les montagnes qui bordent le Zamour, près du village de Kourouche, dans un arrondissement qui n'est pas encore soumis, et qu'on nomme Allypara, on trouve, au milieu d'une terre argileuse, une mine de plomb en filaments réunis et brillants, qui contient environ dixhuit livres de plomb par quintal de minerai, et une petite portion d'argent.

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werstes. La route entre ces deux points est assez
bonne et peu montagneuse. Ce n'est que

deux
werstes avant d'arriver à Derbent, située en am-
phithéâtre, qu'on aperçoit cette ville près de la
mer Caspienne, et sa forteresse, adossée à une
partie des montagnes qui communiquent au
Caucase.

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Opinions diverses sur la fondation de Derbent.Produc

tions du Daghestan. -Description d'une maison persane. Détails statistiques sur Derbent.-- Départ de cette ville. -Convoi et escorte. --Bereckey.--Bonne réception dans cette bourgade. -- Kayayoute. -- Bousinac.- Aspect du pays.- Visite des deux fils du tchamkal de Tarkou , et de leur

gouverneur.-Arrivées à Tarkou.

La fondation de Derbent est attribuée à Alexandre. Sans chercher à combattre une opinion que, dans toute l'Asie, la vanité a pu

déterminer, et qui n'est, je pense, appuyée d'aucune autorité, je me bornerai à dire qu'il suffit de voir l'ensemble imposant de cette ville, les

la solidité de leur construction, pour rester convaincu, non-seulement qu'elle appartient à une très-haute antiquité, mais encore qu'elle a dû être fondée et agrandie par des monarques puissants. On peut donc partager le sentiment de ceux qui croient qu'elle a dù sa fondation à un roi Mède, qu'elle a été

tours,

les murs,

fortifiée par Nouchirvan, qui en a fait un des boulevards de la Perse, et qu'ayant été prise par les Arabes, le célèbre calife Haraqun-Al-Raschid y a résidé, et l'a embellie. Depuis cette époque, elle s'est ressentie des révolutions de la Perse, et a souvent changé de souverains. Pierre-leGrand s'en empara en 1722 : elle fut ensuite rendue aux Persans, gouvernée par les kans du Daghestan, et enfin reprise par les Russes en 1795. Depuis ce temps elle fait partie de ce vaste empire.

J'arrivois malheureusement à Derbent tellement souffrant de la fièvre, qu'il me fut impossible de visiter la ville et ses environs avec l'attention qu'ils méritoient. Ma description sera donc un peu succincte.

La muraille qui, de la ville, s'étendoit jusqu'à la mer, et qui défendoit la Perse et la Géorgie contre les incursions des Scythes et des peuples guerriers du Caucase, se prolongeoit le long des montagnes. C'étoit vraisemblablement près de la ville que se trouvoit le défilé étroit où l'on avoit placé ces portes de fer de quatorze pieds de largeur, et qui, dit-on , sont les mêmes que celles que nous avons vues à quinze werstes de Kotaïs, au monastère de Gae

laeth.

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Derbent est éloigné d'environ quatre werstes de la côte de la mer Caspienne, qui, sur ce point, n'a ni anse ni baie : aussi cette ville n'at-elle aucune navigation, et son commerce est-il très-circonscrit.

Indépendamment de la soie qu'on récolte, et dont la qualité est assez médiocre, les terres des environs de cette ville produisent beaucoup de safran, qu’on vend en tablettes comme celui de Bakou; mais il a la réputation d'être plus pur, et de n'être mêlé d'autre substance étrangère que d'huile de sesame. On récolte aussi dans le Daghestan beaucoup de garance sauvage. Des Arméniens ont commencé à cultiver cette plante, et leur essai a été couronné d'un plein succès : il est à souhaiter qu'ils aient beaucoup d'imitateurs, et alors cette production deviendra pour cette contrée un objet de commerce très-important.

Nous avions des lettres de recommandation pour le commandant de Derbent. Il nous logea chez un prince Persan, major au service de Russie. Sa maison étoit bâtie avec beaucoup de régularité; de chaque côté d'une cour carrée étoient placées les cuisines , les écuries et quelques chambres pour les domestiques. Le bâtiment du fond renfermoit le logement du maître,

II, 2e édit

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