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sert où n'habitent que des tribus nomades, dont la rencontre peut quelquefois offrir des dangers.

Vers les dix heures du soir, mon Sicilien arriva à cheval avec un Calmouk. Il m'annonça que l'obscurité de la nuit ne permettoit de nous porter secours que le lendemain. Ils nous proposèrent de rester près de nous; mais comme ils ne pouvoient nous être d'aucune utilité, nous les renvoyâmes à la poste, en nous résignant à passer la nuit dans cette situation d'autant plus pénible, que mon fils étoit accablé de la fièvre. Ce ne fut que le lendemain à neuf heures du matin qu'on vint nous tirer d'embarras, en nous amenant huit chevaux, et les hommes qui étoient nécessaires.

Cet accident fut le dernier de notre voyage de Kizlar à Astrakhan, où nous arrivâmes le 6-18 novembre 1820, après avoir passé quelques jours à la quarantaine, située à six werstes de cette ville.

CHAPITRE XVII.

Arrivée à Astrakhan..

Description de cette ville.—Population. Russes. Tartares.- Persans.--Hindous...-Calmouks. — Détails sur ce peuple.--Arméniens.-Turco

Boukhares.--Marins de la flotte..-Garnison.-m. Cultes divers. - Anglais de la société Biblique.

mans.

APRÈs avoir quitté la quarantaine pour gagner Astrakhan, on est obligé de traverser le Wolga. Ce fleuve a, vis-à-vis de cette ville, plus d'un quart de lieue de largeur; le passage s'effectue avec facilité sur des barques pontées

. Les chevaux de poste ne conduisent les voyageurs que jusqu'aux bords du fleuve. Arrivés de l'autre côté, il nous fallut faire traîner notre britchka à main d'homme, chez M. Bozzo, Grec de l'ile d'Hydra, ami du riche Varvachi, et son associé dans l'exploitation des pêcheries. J'avois logé chez lui à mon premier voyage en 1818, et il s'empressa de nous offrir l'hospitalité pour les

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premiers moments de notre séjour à Astrakhan.

Cette ville est située au 46° 21'7" de latitude nord, et au 45° 45° 45” de longitude est, sur une île formée par deux bras du Wolga. Elle est distante d'environ quinze lieues de la mer Caspienne.

On ne peut pas décrire Astrakhan, plus que Paris, d'une manière générale : mais pendant que dans la capitale de la France, les constructions, les distributions intérieures des maisons sont calculées d'après l'état, les occupations, le plus ou moins d'aisance des habitants, à Astrakhan, les différences qu'on remarque dans chaque quartier sont déterminées

par

les meurs et les usages des peuples nombreux qui forment la population de cette ville.

La forteresse ou Kremlin est située sur les bords du Wolga. La cathédrale y est placée; c'est un vaste et bel édifice, auquel on monte par un très grand nombre de marches, et qu'à son caractère de vétusté j'aurois jugé devoir appartenir à l'ancienne Astrakhan, capitale temporaire d'un royaume Tartare. Cependant l'opinion commune place ses ruines à quelques werstes de la ville actuelle.

En sortant du Kremlin on entre dans la nou

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velle ville: elle est régulièrement bâtie; presque toutes les maisons sont construites en pierres ou en briques. De très-belles rues aboutissent å une place carrée : la plus remarquable de ces rues est occupée par les Persans. Le long des maisons règne une galerie en arcades; elles ont été bâties par un architecte italien , nommé Digbi. Il étoit encore à Astrakhan pendant mon premier séjour dans cette ville, et s'y étoit fixé à son retour d'un voyage en Immirette et en Mingrelie, qu'il avoit fait avec feu Reinegg. Une rue transversale est occupée par les Hindous. Les Russes et les Arméniens habitent aussi la nouvelle ville.

A l'extrémité orientale d’Astrakhan, se trouvoit autrefois un marais infect formé par une petite rivière (la Coutume), qui se jette sur ce point dans le Wolga. Le riche Varvachi en a encaissé les eaux dans un canal, dont les quais, construits en bois, sont devenus la principale promenade de la ville. Au-delà de cette rivière sont les quartiers occupés par les Tartares. Leurs habitations, la plupart en bois, ne présentent à l'extérieur que le fatigant aspect de longs murs ou de façades en planches. Les fenêtres et les issues de ces maisons sont placées dans l’intérieur, selon l'usage des Musulmans. Au milieu

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de ces demeures, s'est élevée, depuis quelques
années, une très-belle maison, construite en
briques et couverte en plaques de fer. Elle ap-
partient à Aga-Mamet , qui passoit alors

pour
être le plus riche des Tartares : il y avoit réuni
le luxe de l'Europe et de l'Asie. Les chambres,
les galeries, de vastes salles étoient revêtues en
stucs; les plafonds étoient peints à fresque : des
lustres de cristal ou de bronzes dorés y étoient
suspendus; des tapis de Perse, des ottomanes
couvertes de riches étoffes, garnissoient les ap-
partements : des candelabres, des porcelaines
de la Chine décoroient les tables et les consoles;

, les jardins, les bâtiments destinés aux femmes, tout correspondoit à la magnificence de ce qu'on peut appeler un palais au milieu des modestes habitations de ses compatriotes (1).

Dans le quartier des Tartares habitent quelques Turcomans et des Bouckhares; plus loin, de nombreux Calmouks demeurent dans des baraques de bois ou sous des tentes de feutre. Enfin, sur les bords du Wolga, dans un immense terrain entouré de murs, sont placés la maison de l'amiral qui commande la flotte de la mer

les cours,

(1) On m'a assuré que la ruine de ce Tartare avoit été la suite de tant de dépenses et de spéculations mal conçues ou malheureuses.

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