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» jours les kemchki et quelques vieillards des plus » respectables se réunissent auprès de la mos» quée pour juger les différends qu'il pourroit » y avoir entre les habitants, pour lire les pa» piers qu'on reçoit de la part des Russes, etc. » Leurs délibérations sont rédigées par un écri» vain appelé dibiria , qui appose son cachet. » Dans les petits villages, c'est le mollah qui » remplit cette charge. Si l'affaire est de haute » importance, on attend le vendredi, et on l'a» gite devant toute la communauté. Souvent les » petits villages portent leurs différends au juge» ment des djamates des villages les plus grands » et les plus riches, et se soumettent à leurs dé » cisions : Tschory surtout jouit de cet honneur.

» Lorsqu'il s'agit de quelque affaire regardant » toutes les communautés, alors il se forme une » assemblée générale de tous les kemchkis et » de tous les gens les plus marquants, qui se » réunissent dans un endroit appelé Achkdom, ») entre Mouchkachky et Tscherdachki. Là on » agite les affaires regardant la guerre, la paix » et les finances. Quelquefois ils s'assemblent » pour terminer les différends qui surviennent » entre eux et les querelles de village à village.

» Le criminel accusé de brigandage et d'as» sassinat, doit comparoître devant le djamate » de son village, où il est condamné ou absous, » d'après les preuves qu’on a en sa faveur ou » contre lui. Les peines sont la mort ou l'a» mende qu'on proportionne au crime. Si un » Lesghis accusé d'assassinat ne comparoît pas » devant le djamate, et se sauve, comme il » arrive souvent, alors on le juge par contu» mace; on le condamne à mort, sa maison est » rasée et ses jardins détruits.

» La vengeance est un devoir, et le sang doit » être payé par le sang. Partant de ce principe, » un homme qui en auroit tué un autre pour » venger la mort d'un de ses parents ou amis » (konac), seroit absous. Il n'y a donc que les » assassinats qui n'ont pas la vengeance pour but » qui sont punis par la société.

» Il paroîtroit au premier coup-d'oeil qu'une >> pareille impunité devroit augmenter les meur» tres d'une manière effrayante; mais ils sont » aussi rares pour le moins que dans nos pays » civilisés. La crainte d'avoir pour ennemis tous » les parents et les amis du défunt, la certitude » même de ne pas échapper, tôt ou tard, à » leurs embûches (car, pour se venger, tout » moyen est bon), est un frein aussi puissant » que la sévérité de nos lois.

» L'adultère est aussi puni très-sévèrement, » D'abord, le mari qui trouveroit sa femme en » flagrant délit est autorisé à la tuer, ainsi que » l'amant; mais s'il porte sa plainte au djamate, » la semme convaincue est lapidée, et l'amant » tué d'un coup de fusil.

» Les vieillards ou kemchkis qui composent » le ajamate sont assis en cercle, les jambes » croisées, et observant la plus grande étiquette » pour occuper les places. Les jeunes gens, qui » peuvent aussi s'y trouver, sont placés derrière, » debout, appuyés sur leurs fusils ou sur des » gros bâtons qu'ils ont constamment à la » main quand ils sont sans armes. Le plus âgé, » ou celui que l'affaire regarde, propose la » question dont il s'agit. Si c'est quelque de» mande du gouvernement Russe, il l'annonce . » en montrant le papier : alors chacun parle par » rang d'ancienneté et donne son avis. On con» çoit que cet ordre ne dure pas long-temps : on » s'échauffe, on crie; le bruit devient épouvan» table. Les jeunes gens, qui sont toujours pour » les partis extrêmes, s'emportent contre la pru» dence des vieillards : il y a souvent des coups » donnés, et quelquefois du sang répandu. Ceux » qui se sentent coupables de quelques crimes, » ceux surtout qui sont suspects au gouverne» ment Russe, tâchent par tous les moyens pos») sibles de se faire un parti entre la jeunesse, » qui, en cas de besoin, les défend contre la » justice du djamate. C'est ce qui est arrivé en » 1822, et a causé la destruction de Katechy, » Kapiz-Dora, etc. Le gouvernement Russe de» mandoit qu'on remît en ses mains, pour être » punis, ceux qui avoient insulté les envoyés du » général Eristoff. Le djamate assemblé avoit » résolu d'exécuter ces ordres; mais jamais la » jeunesse n'y voulut consentir. Comment re» mettre en des mains infidèles des bons Mu» sulmans ? Comment se déshonorer à un tel » point? c'étoit leur cri. Ils annullèrent la décision » du djamate, et les Russes furent obligés d'aller » prendre les coupables les armes à la main.

» Leur correspondance se fait en arabe. Pour » parler au djamate, ils se servent de la langue » tartare appeléc turki, quoiqu'ils aient diffé» rents dialectes qui leur sont particuliers.

Des Revenus, Commerce, etc.

» Le pays est très-fertile; il abonde en fruits » de toute espèce, que les Lesghis savent con» server pendant l'hiver. Ils ont quantité de rai» sin, duquel ils ne font pas de vin, parce que » c'est une boisson défendue; mais, en revanche, » ils en font du buza (espèce de vin cuit), qui » est extrêmement fort. De ce buza, ils tirent un » vinaigre excellent.

» Le blé de toute espèce, le riz, et le coton » même, dans quelques cantons, viennent en » abondance; mais ce qui attire le plus leurs » soins, et ce qu'ils cultivent le mieux, est le ». mûrier. Les vers à soie ne demandant pas » autant de travail que la culture des grains, et » donnant à proportion plus de revenu, favo» risent leur paresse et les enrichissent. Ils » vendent la soie le plus souvent à des Armé» niens qui viennent l'acheter sur les lieux ; » quant au blé et au riz, ils n'en cultivent que » ce qui leur est nécessaire. Cependant ils en » font passer un peu aux montagnes, chez les » Levorzi et autres Lesghis, connus en Géorgie » sous le nom générique de Glonkadorzy. Ils » envoient beaucoup de fruits, des pommes, des » poires, des châtaignes, des noix, etc., à Tiflis » et dans les autres districts de Géorgie.

» En cas de disette ou de quelque demande » inattendue de la part du gouvernement Russe » pour fournir du blé (comme il est arrivé en » 1821), ils ont recours à leurs sujets les In» galos, dont la ruine leur est indifférente. . » Ils s'occupent aussi de l'éducation des bes. » tiaux. Les moutons ont la préférence; vien

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