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» taires des terres, exigent le tiers du produit. » Un Ingalo ne peut pas marier sa fille ou son » fils sans la permission de son maitre. Lorsque » cette permission est accordée, la famille de la » future et celle du fiancé sont obligées de payer » une rétribution proportionnée à leur fortune: » elle monte quelquefois à plus de 50 ducats. Il » ya encore beaucoup d'autres charges de cette ») espèce; mais la plus terrible et la plus acca» blante, c'est que, lorsque leur maître vient » chez eux avec une nombreuse suite d'amis et » de domestiques, ils sont obligés de le nourrir » et de le défrayer lui et tous ceux qui l'accom» pagnent. Il reste aussi long-temps qu'il lui » plaît, et en s'en allant, il emporte de la maison » ce qu'il trouve à son gré.

» Les contributions, et surtout le blé que les » Russes exigent des Lesghis, sont toujours à la » charge de ces malheureux et des Tartares » leurs sujets, dont nous avons parlé. Les dja» mates en ayant fait le partage, envoient des » isaouls pour exiger ces contributions en na» ture. Ces isaouls exercent toute sorte d'op» pressions. Ces malheureux , fatigués des maux » qu'ils souffrent, abandonnent quelquefois » leurs maisons, et se sauvent chez le sultan » d'Élisouy, où la même destinée les attend.“

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» Si jamais le gouvernement Russe s’établit » d'un pied ferme dans ces contrées, il ôtera, il » n'y a pas de doute, cette propriété aux Lesghis, » et alors les Ingalos libres embrasseront avec » joie le christianisme.

» Propriétaires d'une terre féconde, à l'abri » des vexations, plus laborieux que les Géor» giens, l'aisance, pour ne pas dire la richesse , » en sera le résultat, et le pays deviendra d'une » grande ressource pour nourrir les troupes de »° la Géorgie.

» Voici le nom des principaux villages In» galos :

» Aliabati, Mosouli, Werchkany, Epgani et » Tannalo.

» La plus grande partie, pour ne pas dire le » tout, appartient aux Tschory. Cependant ils » n'ont pas le droit de les vendre séparément et » un à un; ils ne peuvent vendre les hommes » qu'avec la terre qu'ils labourent, puisque leurs » personnes ne sont pas une propriété : ce n'est » que la terre que les Lesghis se sont appropriée » par droit de conquête. »

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Les troubles survenus en Immirette étant entièrement apaisés, et rien ne s'opposant plus à mon départ pour cette contrée, nous partimes de Tiflis pour Kotais, le dimanche 30 juillet 11 août 1820. Nous vînmes ce même jour coucher à Gharthis-Kari, qui en est éloigné de vingt-sept werstes. J'ai décrit cette partie de ma route jusqu'à ce poste, qui est placé à l'embranchement de la route de Mozdok et de celle de l'Immirette. Laissant la première sur notre droite, pour marcher au couchant, nous entrâmes dans une vallée d'une largeur inégale. Les montagnes qui la bordent vers le sud sont peu élevées; celles du nord le sont davantage, .. et sont elles-mêmes dominées par les hautes cimes du Caucase.

Dans toute cette contrée, on trouve peu de prairies et peu de bestiaux : on y cultive le froment, le seigle et l'orge. Les fourrages y sont assez rares, et cependant on y coupoit des blés avec si peu de soin, que la moitié du chaume restoit sur le sol.

A droite, un immense terrain carré, entouré de monticules, m’a paru, par sa ressemblance avec le camp de César près d'Avesnes , avoir été un camp romain; le passage de Pompée dans cette même contrée, lorsqu'il se rendoit en Albanie, donne de la vraisemblable à cette conjecture. • De Gharthis-Kari à Moukhran on compte treize werstes; mais comme nous mîmes près de trois heures pour les parcourir, j'évalue cette distance à près de dix-huit werstes.

Avant d'entrer dans ce village, où des tours et des murs assez solides indiquent qu'il y avoit anciennement une ville, on trouve un terrain bas et humide, d'environ une demi-werste de longueur. Après les pluies, le trajet doit en être difficile; il faut, au reste, en accuser moins la localité que les abus de l'arrosement, les paysans étendant leurs digues et leurs fossés jusque sur la route.

Nous eûmes beaucoup de peine à trouver à

COU

Moukhran les vivres dont nous avions besoin : nous proposions cependant de les payer le prix qu'on nous en demanderoit. Le village de Moukhran appartient à un prince Éristoff, chef d'une famille moins riche que nombreuse. Elle est d'origine Ossétienne, et a long-temps exercé, dit-on, le pouvoir souverain dans cette contrée. Ce prince avoit eu le projet d'établir une verrerie sur ses terres, et il avoit fait venir à cet effet de la Russie un maître ouvrier qui avoit plus d'amour-propre que de talent. Aussi cette entreprise a-t-elle échoué, au grand regret du général en chef, qui la protégeoit particulièrement, comme toute innovation qu'il croit avantageuse au pays. Les propriétaires de vignobles, à qui cet établissement eût été utile, en desiroient aussi très-vivement le succès (1).

Après avoir traversé Moukhran, nous parcourûmes un pays plus mal cultivé que celui que nous avions vu dans la matinée. Une grande partie est couverte de buissons, au milieu desquels on trouve de temps en temps des chênes, des saules et des peupliers.

(1) En 1823, l'archevêque Arménien Narsès a établi une verrerie à Tiflis. Les cailloux du Kour entrent dans la composition du verre. Les bouteilles qui sortent de ses creusets, ont une très-belle couleur violette-foncée.

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