Изображения страниц
PDF
EPUB

le Chirvan, qui en est limitrophe, ces mêmes marchandises étoient admises moyennant un simple droit de six pour cent. Ici le peuple étoit soumis à un gouvernement régulier; là, il l'étoit au despotisme et à l'arbitraire le plus absolu. Pour traverser le territoire des kans de Noucha et du Chirvan, il falloit payer des droits de diverses natures; tout varioit d'un canton à l'autre, et, sur tant d'États divers, le Gouvernement ne pouvoit exercer sa surveillance. Depuis six ans, la mort du kan de Noucha, la suite de ceux du Chirvan et du Karabagh sur le territoire persang ont eu pour résultat la réunion de ces provinces à l'Empire. Ainsi laissant de côté le bassin de la Colchide, séparée de la Géorgie par une chaîne de montagnes, et qui forme une sorte de gouvernement à part, la Géorgie, dans son extension actuelle, a pour limite, au nord, le Caucase; à l'orient, la mer Caspienne; à l'occident, les montagnes de l'Immirette. Mais pendant que de ces trois côtés les frontières sont bien distinctes, vers le midi, elles sont incertaines et continuellement sujettes à contestation, parce qu'à l'époque du traité de Gulistan on a adopté comme limites entre les deux États les positions respectives des armées.

En 1823, le général en chef a paru desirer qu'on s'occupât de fixer les limites entre les deux empires. Abbas Mirza a nommé à cet effet des commissaires, et le général-major Yermoloff, parent du général en chef, a été chargé, avec quelques ingénieurs et chefs d'état-major, de cette opération importante, et dont l'exécution présente beaucoup de difficultés.

Les limites, telles que les mentionne le traité, ne sont indiquées par aucune rivière, par aucune montagne; elles n'ont ni forteresse ni ville pour point d'appui : aussi existe-t-il entre les deux États une contrée assez étendue, dont la souveraineté est incertaine. Elle sert de refuge à des tribus de Turcomans et de Kourdes, qui souvent exercent des brigandages sur l'un ou l'autre territoire, excitent des plaintes réciproques, et occasionnent des réclamations mutuelles.

Quel que soit au surplus le résultat de ce tra vail, on ne doit le considérer que comme provisoire.

Les frontières naturelles entre cette puissance et la Russie sont indiquées par le cours d'un grand fleuve, l'Araxe; et, bien qu'il en résulteroit pour la Perse la perte du kanat d'Érivan, dont les Russes ont assiégé vainement la capitale en 1812, cette démarcation n'en est pas moins la seule véritable, et tout porte à croire qu'à la mort de Feth-Ali-Chah elle sera adoptée sans réclamation, s'il est vrai surtout, comme on l'assure, que l'empereur de Russie se soit engagé par un article secret du traité du Gulistan à reconnoître Abbas-Mirza pour roi de Perse, et à l'aider au besoin d'un corps d'armée.

Dans un ouvrage estimé, qui a paru à Paris en 1822, on a écrit par erreur que les Russes occupoient une ligne militaire depuis Tiflis jusqu'au golfe Persique, et qu'ils possédoient Enzeli et Asterabad.

La vérité est que le dernier poste de la Russie du côté de la Perse est à Gomeri, à cent vingtsix werstes (trente-deux lieues) d'Érivan, et que la ligne militaire dont on parle, non-seulement n'a jamais existé, mais même eût été sans objet pour la Russie, qui n'a aucune relation avec le golfe Persique. D'ailleurs, très-sûrement, la légation anglaise à Teheran se seroit opposée à la concession d'une pareille demande, si jamais elle eût été faite par la Russie à la cour de Perse, puisqu'elle eût inquiété la Grande-Bretagne sur ses possessions de l'Inde. · Quant à Enzeli et Asterabad, non-seulement la Russie ne s'est pas emparée de ces deux ports, mais même le consul, qu'en vertu de ses traités avec la Perse, elle a nommé en 1822 pour ré

sider à Enzeli, étoit encore à Bakou en 1824, attendant du chah de Perse, sinon l'autorisation d'y résider, au moins l'assurance que sa personne seroit entièrement en sûreté dans le Ghilan, où il y avoit eu quelques troubles.

J'ai cru convenable de donner ces renseignements sur l'exactitude desquels on peut compter, parce qu'ils sont propres à redresser l'opinion sur un reproche d'envahissement que la Russie a souvent mérité, sans doute, mais qui du moins n'étoit pas fondé dans cette circonstance.

CHAPITRE VI.

Description de Tiflis. - Constructions nouvelles. — Éta

blissements fondés par l'archevêque Narsès. - Bazar et caravanserail. - Industrie des Géorgiens.- État de la population. — Climat.-- Cultes divers. - Détails sur les Catholiques à Tiflis et en Perse. - Chaldéens. — Nestoriens des monts Gordiens.-Dipositions prises par le général Yermoloff en faveur du commerce de la Géorgie.Bains d'eaux sulfureuses.-Jardins. - Cimetière des Catholiques.-Villages Allemands des environs de Tiflis.

LE Cyrus ou Kour divise Tiflis en deux parties. Sur la droite, sont situés la ville ancienne, : les bains d'eaux sulfureuses, et la ville neuve; sur la gauche, on trouve le faubourg d'Awlabari, celui d'Isni, et un village habité par des Allemands. Le pont qui servoit de communication menaçoit ruine : on en a, depuis trois ans, construit un autre en bois et d'une seule arche : il est placé sur d'énormes culées de briques assez solidement båties pour n'avoir rien à craindre de la rapidité du courant (1).

Lorsque j'ai vu la ville vieille en 1820, pres

(1) Les fondations de ce nouveau pont appartiennent à une ancienne construction.

« ПредыдущаяПродолжить »