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années le passage ordinaire d'un grand nombre d'Anglais qui vont de l'Inde en Europe : ils s'embarquent à Bombay, et arrivent en quinze ou vingt jours à Bender-Boucher, sur le golfe Persique. Ils ont dans ce port un consul général, et y font un assez grand commerce,

répandant par cette voie dans la Perse les

produits de l'Inde et de leurs manufactures.

En partant de Bender-Boucher, los Anglais, voyageant avec un mehmender (1), effectuent facilement, en six semaines, le trajet du golfe Persique à Tiflis. Les caravanes font cette route en soixante jours. De Tiflis, les Anglais gagnent l’Europe, soit en s'embarquant à Redoute-Kalé pour Odessa, soit en traversant le Caucase, une partie de la Russie et l'Autriche.

On voit quelquefois dans le même jour arriver à Tiflis des négociants de Paris, des courriers de Pétersbourg, des marchands de Constantinople, des Anglais partis de Calcuta ou de Madras, enfin des Arméniens de Smyrne et de Yezd, et des Ousbeks de Boukhara; ainsi, cette ville peut

être considérée comme le point central entre l'Europe et l'Asie. Lorsque le com

(1) Officier persan qui accompagne les voyageurs de marque, leur fait donner des logements et des vivres; et répond sur sa tête de leur sûreté pendant le voyage.

merce y aura pris les développements dont il est susceptible, des Boukhares, arrivant de Samarcande, du Tibet, et des frontières de la Chine, se rencontreront sur le marché de Tiflis avec les Hindoux du Lahor et du Guzurate.

Le gouvernement de Tiflis est confié au général Vanhæven , Livonien. Il se distingue par un caractère de bonté et d'affabilité, et accueille de la manière la plus aimable les étrangers qui passent par cette ville, ou qui s'y fixent.

Le général en chef Yermoloff favorise le développement du commerce de la Géorgie par une suite de mesures sages, telles qu'on pouvoit les attendre de cet habile administrateur.

J'ai déjà parlé, à l'article de Redoute-Kalé, des bâtiments qu'à la fin de 1822 il y a fait construire pour loger les voyageurs et les marchandises qui doivent y subir la quarantaine.

Il a fait réparer et refaire en entier une partie de la route de Tiflis à Kotais, qui aujourd'hui, en toute saison, est praticable aux voitures. Cette communication exige encore un assez grand nombre de ponts sur les torrents et les rivières qu’on est aujourd'hui forcé de passer à gué : le général en chef donne tous ses soins à l'exécution successive de ces travaux. Les postes de cosaques étoient garnis d'un nombre suffisant de chevaux pour le service public; mais ils n'en pouvoient fournir aux particuliers, qui d'ailleurs, dans cette contrée, et avant que les étrangers arrivassent, voyageoient toujours avec leurs propres chevaux; il a fait, avec l’hetman des cosaques, un arrangement qui assure en tout temps aux négociants les chevaux de poste dont ils ont besoin pour eux et pour leurs marchandises, lorsqu'ils vont de Redoute-Kalé à Tiflis, et de cette ville, soit aux frontières de Perse, soit à Mozdok, en traversant le Caucase.

Lorsque le commerce de Tiflis étoit circonscrit, le petit nombre de bâtiments de la douane suffisoit à son service. Depuis que l'ukase du 820 octobre 1821, en accordant la franchise commerciale, a donné une grande impulsion aux relations de cette ville avec l'Europe et l'Asie, le général en chef a obtenu du Gouvernement l'autorisation de faire bâtir sur les bords du Kour de vastes magasins où toutes les marchandises peuvent être déposées avant d'acquitter les droits.

Sous le gouvernement des rois d'Immirette et de Géorgie, et sous celui des kans, des villes, des églises percevoient divers droits de

passage extrêmement onéreux.

Le général en chef a fait rechercher soigneu

sement les titres en vertu desquels ces droits étoient exigés. Il doit examiner jusqu'à quel point ils nuisent au commerce, pour en provoquer ensuite la réduction ou la suppression. La police étoit exigeante à l'excès : les voyageurs, fatigués, quelquefois malades, étoient forcés de se présenter immédiatement à ses bureaux, et y étoient assujétis à une longue enquête : le général leur a fait accorder vingt-quatre heures de repos, en se contentant de la déclaration de leur consul ou de leur hôte.

La ferme du tabac établie à Tiflis s'opposoit, sous le prétexte de possibilité de versement frauduleux, au passage du tabac qui arrivoit de Schyras pour être expédié à Constantinople. Il a autorisé le transit, en prenant les précautions qu'exigent les intérêts du fisc. Enfin, en attendant qu'on ait établi un tribunal de commerce à Tiflis, le général en chef a usé de toute son influence pour déterminer ceux qui avoient entre eux des contestations, à adopter le mode de jugement par arbitres nommés par les parties réciproques.

Le courrier d’Europe arrive à Tiflis régulièrement une fois par semaine : en vingt-huit jours, de Pétersbourg et d'Odessa, et en cinquante ou cinquante-cinq, de Paris. Le jour de son arrivée est incertain, parce qu'il dépend de l'état des routes, et surtout du

passage

du Caucase : celui de son départ est fixé invariablement au mardi soir de chaque semaine. De tous les avantages dont jouit le commerce à Tiflis, le plus important, c'est de pouvoir recevoir des parties les plus éloignées de la Russie, ou d'y expédier des fonds, moyennant un simple droit d'un pour cent, le Gouvernement russe étant garant des sommes, même contre les vols à main armée. On ajoute seulement au droit d'un pour cent autant de fois le prix du port de lettres de Tiflis aux villes pour lesquelles l'argent est destiné, qu'il y a de livres pesant dans l'envoi. On voit, d'après ces règles , que, si l'expédition se fait en assignations de banque, cette augmentation du prix de port de lettres est insensible; que si elle se porte sur des ducats ou des tomans , comme la livre d'or vaut 1,500 fr., et un port de lettres pour Pétersbourg i rouble assignation, cette différence est insignifiante, et que l'augmentation sur un transport en argent qui vaut 100 fr. la livre, est d'environ un pour cent. La poste se charge des paquets qui ne pèsent pas plus d'un poud (trente-trois livres un tiers, poids de marc).

Dans un voyage que je ne me suis décidé à

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