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tous les cantons où on peut en établir. Les bons pâturages y sont si peu nombreux, qu'on n'y élève pas de gros bétail; mais les moutons y sont très-multipliés, surtout dans le canton de Gori. La laine en est assez commune; cependant elle convient parfaitement au tissu des tapis, genre d'industrie très-ordinaire dans les provinces Russes au-delà du Caucase. En 1822, le général en chef a distribué quelques béliers mérinos à des cultivateurs de ces contrées; mais il paroît que, confondus parmi les troupeaux et confiés à des bergers insouciants, ils n'ont été d'aucune utilité pour l'amélioration des races.

Le labour des terres, dans toute la Géorgie, se fait avec des bæufs. La quantité qu'on en attèle aux charrues varie selon les cantons et la qualité des terres. La charrue en usage est l'araire. Le soc, qui est de bois dans l'Immirette, est de fer en Géorgie. J'ai décrit ailleurs les procédés employés, tant pour la fabrication du vin que pour séparer le blé de sa gerbe, et quelques autres qui sont relatifs à l'économie rurale. De même que l'industrie et le commerce, l'agriculture a souffert en Géorgie des obstacles qui tenoient à la situation politique de cette contrée; elle se ressentira également des changements qu'elle a éprouvés.

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On voit des plantations de mûriers dans quelques cantons de la Géorgie, et surtout dans les anciennes provinces Persanes, dépendantes aujourd'hui de la Russie.

Le Ghendjé, le Noucha et le Chirvan fournissent des quantités très-considérables de soie. Mal filée sur des rouets d’un trop grand diamètre, elle étoit de qualité commune, et la difficulté de la dévider avoit contribué à la faire rejeter par les fabricants de Lyon. Elle étoit connue dans cette ville sous le nom de soie de Perse. Son prix correspondoit à sa qualité médiocre, et surtout à sa mauvaise réputation. Cependant, en 1740 , Hanway, chef des comptoirs anglais sur la mer Caspienne, homme trèsestimé sous le rapport de ses talents et de son noble caractère, avoit réussi à introduire dans le Ghilan et le Chirvan des rouets à diamètre étroit. Ces soies, dont jusqu'alors on n'avoit fait aucun cas en Angleterre, y furent estimées et reconnues très-convenables pour les fabriques. L'essai fait par les Anglais a été renouvelé par deux Français , MM. Ferté Didelot et Castelaz. Ils ont amené dans ces contrées quelques ouvriers du Vivarais, et le résultat qu'ils ont obtenu a complétement justifié l'opinion de ceux qui étoient convaincus que les soies de Perse n'avoient besoin que d'être filées par des ouvriers habiles, pour valoir celles du Piémont.

En attendant que la France , par la multiplication des mûriers, ait réussi à augmenter ses approvisionnements de soie de manière à n'avoir plus besoin d'en tirer de l'étranger, comme elle achète tous les ans pour 25 à 30 millions de soie d'Italie et du Bengale, il n'est pas sans intérêt pour elle de trouver un nouveau marché où elle pourra se procurer cette matière première en échange de ses produits manufacturés.

Dans le Ghendjé, aujourd'hui Elisabeth-Pol, dans le Karabagh, et surtout dans les terres qui bordent l'Araxe, on cultive la garance, le riz et le lin. Le riz est d'une très-bonne qualité; il s'en consomme une quantité immense dans le pays, où il est l'aliment principal. Le prix en est quelquefois si bas, qu'il ne suffit pas pour couvrir les frais de culture. Dans les années de disette en Europe, le commerce pourroit avec avantage tirer du riz de ces contrées, l'expédier dans les ports de la Méditerranée; et si des arrangements avec l'Empire ottoman permettoient d'établir la navigation du Danube depuis Ulm jusqu'à son embouchure, ces grains seroient en tout temps expédiés avec avantage

pour la consommation de tous les Etats qui bordent ce fleuve.

On ne tire parti du lin que pour sa graine, dont on extrait de l'huile. On brûle ordinairement la tige qui pourroit devenir un objet d'exportation. Jusqu'ici on n'en a fait aucun usage dans le pays.

Le Karabagh est renommé pour son excellente race de chevaux qui tient le premier rang parmi les chevaux persans. Les principaux haras sont situés dans les montagnes de cet ancien kanat. Ces chevaux n'ont d'autre imperfection que d'être délicats, et d’exiger beaucoup de soins et de précautions après les longues courses auxquelles ils sont propres. Ils peuvent difficilement s'accoutumer à d'autres fourrages que l'orge et la paille hachée. Ils sont, en général, . beaucoup moins propres au service de la cavalerie que les chevaux circassiens, qui ne craignent aucun climat, auciine fatigue, et se font à toutes les nourritures.

Il est peu de pays plus avantageusement situés que les provinces Russes au-delà du Caucase pour l'établissement des haras. J'ai déjà dit que tous les ans on amenoit au marché de Tiflis environ vingt mille chevaux circassiens, parmi lesquels on peut choisir des juments qui se payent

de 30 à 120 fr. On peut se procurer sur la côte du golfe de Balkan de beaux étalons turcomans; dans le Karabagh et le Khorassan, les étalons persans, et à Erzeroum les étalons arabes.

Le coton est cultivé dans le Chirvan, et surtout sur les bords de l'Araxe. La plantation de ce végétal pourroit prendre une grande extension dans toute cette contrée; mais il faudroit substituer au coton à courte soie, celui à longue soie, qui n'occasionneroit pas plus de frais de préparation que l'autre, et se vendroit infiniment plus cher. Cette amélioration dans l'agriculture, en enrichissant les propriétaires et les agriculteurs, auroit une grande influence sur le commerce, en lui assurant par cette marchandise les chargements de retour des bâtiments qui arriveroient de la Méditerranée à la côte de la Mingrelie. Cette innovation intéresseroit aussi tous les pays manufacturiers du continent de l'Europe, et particulièrement le Haut et BasRhin, en ce qu'il leur donneroit, dans le cas d'une guerre maritime, les moyens de faire venir en transit par l'Allemagne cette matière première à beaucoup meilleur compte que par nos ports, où d'ordinaire elle augmente alors de cent pour cent, à cause de la cherté du fret et des assurances.

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