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traction de toutes les matières premières : ils établiront des relations de commerce, non-seulement avec les principaux marchands de l'Asie, mais avec les souverains eux-mêmes : ils trouveront des débouchés immenses pour tels produits de nos fabriques, dont aujourd'hui, en Orient, on ne soupçonne pas l'existence. Si on y envoie des hommes médiocres, ils rencontreront partout des difficultés, des obstacles, et on abandonnera des marchés, dont plus tard des hommes plus habiles sauront profiter. L'importance de la situation de Bakou, sous le rapport du commerce, fera excuser la longueur de cette digression.

Pendant notre séjour dans cette ville, les attentions de M. le colonel Melikoff pour nous ne se sont pas démenties un instant : il les prolongea même au-delà de notre départ, en nous donnant avec abondance toutes les provisions qui nous étoient nécessaires, et que nous eussions difficilement pu trouver sur notre route.

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CHAPITRE XIII.

· Départ de Bakou. - Fours à chaux.-_ Kaliasi. - Dividje.

Dangers que présentent les pâturages de cette contrée pour les chevaux.—Kouba.— Détails sur cette ville.--Insalubrité de son climat.-Renseignements sur la population de Kouba.—Culture et productions de cette province, -Ziakour.—Sa population. Aspect du pays.-Koular. -Le Zamour.--Arrivée à Derbent.

Nous partîmes de Bakou le mercredi ( 22 septembre 4 octobre 1820) pour le CaravanserailSoumgaita, qui en est éloigné de trente werstes.

En sortant de la ville, on reprend le chemin de Caravanserail-Arbat, et on le suit pendant les dix premières werstes. Nous détournâmes alors sur la droite, et après avoir traversé deux beaux villages Tartares et quelques champs, où nous vimes des fours à chaux allumés par le gaz naturel, nous arrivâmes à la poste de Soumgaita : elle est placée dans un ancien caravanserail assez bien conservé. On en voit un grand nombre sur toutes les routes qui communiquent avec Bakou. Ils sont tous bâtis en pierres ou en briques, et sont restés comme un souvenir de l'ancienne prospérité de ces contrées; car, heureusement pour l'humanité, le despotisme, le pouvoir absolu a lui-même quelquefois des phases heureuses. Ainsi Rome, si opprimée sous les Tibère, les Caligula, les Néron, les Domitien, connut un état de prospérité et presque de bonheur sous les règnes successifs de Nerva, de Trajan, d’Adrien et des deux Antonins : la Perse elle-même, sous Chosroës I'', sous Abas-le-Grand, princes que je suis loin cependant de mettre en parallèle avec les empereurs que je viens de citer, étoit florissante, parce que le pouvoir absolu étoit tombé en partage à des souverains sages, éclairés, et entièrement occupés des intérêts de leurs peuples.

mmu.

De Soumgaita à Kaliasi, où nous nous proposions de passer la nuit, on compte vingt-deux werstes. La pluie abondante des derniers jours avoit rendu les chemins difficiles : il fallut près de quatre heures pour y arriver. Tout le pays depuis Bakou est mêlé de plaines et de collines. Il est généralement peu habité et sans culture.

Nous trouvámes à Kaliasi un logement assez commode, et qu'une grande propreté distin

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guoit de tous ceux où nous nous étions arrêtés depuis quinze jours. Nous en repartîmes le lendemain d'assez bonne heure pour Khaderzinde, qui en est éloigné de vingt-cinq werstes. Entre les deux stations, le chemin est entrecoupé de montagnes et de larges lits de torrents couverts de cailloux, dont les bords escarpés nous présentoient de continuels obstacles : aussi, nous mîmes près de cinq heures pour arriver à la poste. Après diner, nous en repartîmes pour Dividje, distant de trente-deux werstes.

Ce village est entièrement habité par des Tartares qui paroissent jouir d'une grande aisance. Il est entouré de belles plantations. Les bâtiments des cosaques sont vastes et construits avec soin, et le logement des étrangers y est très-commode. Le maire du village fut plein de prévenances pour nous. Ce Tartare étoit d'une taille élevée : sa figure avoit l'expression de la franchise et de la bonté. Il mit un grand empressement à nous procurer un mouton, des poules, du beurre et des eufs, dont nous eûmes beaucoup de peine à lui faire accepter le pavement. On nous apporta aussi un plateau couvert de melons de diverses espèces, d'arbouzes, de poires et de raisins d'une grosseur remarquable.

Tout le pays que nous parcourions depuis Khaderzinde présente le plus grand danger pour les chevaux, si on a le malheur de les y laisser paître. Parmi les herbes qui couvrent la terre, il en est une qui est un poison mortel pour ces animaux : s'ils sont à jeûn lorsqu'ils la mangent, ils expirent dans quelques moments. Dans le cas contraire, leur agonie se prolonge quelquefois pendant vingt-quatre heures, et il est rare qu'ils puissent échapper à l'effet funeste de cette plante.

Entre la dernière poste et celle où nous nous trouvions, nous avions remarqué à peu de distance de la route un assez grand nombre de chevaux morts. Nous apprîmes que cette perte avoit été causée par l'ignorance dans laquelle on avoit laissé un capitaine de cosaques sur les dangers que présentoient les pâturages de ces contrées De quarante-six chevaux qu'il avoit emmenés pour la remonte, il y avoit à peine six semaines, il n'en avoit pas sauvé un seul. Leurs cadavres servoient de pâture à des chiens, à des corbeaux et à des vautours d'une dimension extraordinaire. Ces animaux, d'espèce si différente, paroissoient entr'eux de la meilleure intelligence pour se partager cette abondante proie.

A l'époque de l'expédition du général Titia

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