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A toutes les postes sur cette route, on trouve des maisons de bois; elles sont divisées en deux parties : l'une est habitée par le directeur de la poste, l'autre est destinée aux voyageurs. Toutes ces maisons ont été construites par le riche Grec Varvachi; mais comme elles sont trop rapprochées de la mer, elles sont exposées à être couvertes de sable : aussi est-il question de les transporter dans l'intérieur de la steppe, à deux ou trois lieues de leur position actuelle, Ce changement évitera aux voyageurs tous les inconvénients que nous éprouvâmes pendant notre route.

Arrivés au relai qui précède le lac Beloi, nous trouvâmes le pays couvert d'eaux, à la suite des vents violents d'est qui régnoient depuis quatre jours; la mer Caspienne avoit débordé sur plusieurs points. Les bâtiments de la poste et les tentes des Calmouks campés dans son voisinage avoient été pendant la nuit inondés à plus de deux pieds de hauteur.

En partant de la poste, nous cheminámes pendant environ huit werstes au milieu des sables jusqu'au lac Belor. Le chemin que nous suivions étoit entièrement couvert de ses eaux sur une longueur de plus d'une werste. Nous marchions le plus près possible d'une colline de sable qui avoit opposé un obstacle aux progrès des eaux, et qui, en les encaissant, leur avoit donné de la profondeur. Les difficultés que présentoit la route nous avoient forcés de faire atteler six chevaux à notre britchka, et cependant nous n'avancions qu'avec peine. Une des roues s'étant enfoncée dans la vase, les chevaux s'arrêtèrent tout à coup, sans que les efforts prolongés des deux Calmouks qui nous servoient de postillons, pussent les faire avancer. Ils changeoient sans succès les chevaux de place; enfin, les ayant dételés tout à la fois comme pour faire une nouvelle tentative, ils montèrent à cheval, et nous abandonnant au milieu du lac dans lequel nous étions embourbés, ils reprirent au galop le chemin de la poste. Dès que mon Sicilien et mon interprète s'aperçurent de l'intention de nos Calmouks, et que leurs menaces ne purent les déterminer à s'arrêter, ils sautèrent l'un et l'autre dans l'eau, et ayant gagné le bord, ils se rendirent à pied pour demander des secours à la poste que nous venions de quitter. Pendant ce temps, nous restions mon fils et moi au milieu des eaux, qui grossissoient à chaque instant. Par l'effet de la violence du vent de nordest, nous étions couverts d’un déluge de sable, enfin exposés à un froid rigoureux, dans un dé

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sert où n'habitent que des tribus nomades, dont la rencontre peut quelquefois offrir des dangers.

Vers les dix heures du soir, mon Sicilien arriva à cheval avec un Calmouk. Il m'annonça que l'obscurité de la nuit ne permettoit de nous porter secours que le lendemain. Ils nous proposèrent de rester près de nous; mais comme ils ne pouvoient nous être d'aucune utilité, nous les renvoyâmes à la poste, en nous résignant à passer la nuit dans cette situation d'autant plus pénible, que mon fils étoit accablé de la fièvre. Ce ne fut que le lendemain à neuf heures du matin qu'on vint nous tirer d'embarras, en nous amenant huit chevaux, et les hommes qui étoient nécessaires. . Cet accident fut le dernier de notre voyage de Kizlar à Astrakhan, où nous arrivâmes le 6-18 novembre 1820, après avoir passé quelques jours à la quarantaine, située à six werstes de cette ville.

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Arrivée à Astrakhan.-Description de cette ville.Popula

tion.- Russes.— Tartares.—Persans. Hindous.-Calmouks. — Détails sur ce peuple. — Arméniens.-Turcomans.-- Boukhares.- Marins de la flotte.-Garnison.Cultes divers. – Anglais de la société Biblique.

APRÈS avoir quitté la quarantaine pour gagner Astrakhan, on est obligé de traverser le Wolga. Ce fleuve a, vis-à-vis de cette ville, plus d'un quart de lieue de largeur; le passage s'effectue avec facilité sur des barques pontées. Les chevaux de poste ne conduisent les voyageurs que jusqu'aux bords du fleuve. Arrivés de l'autre côté, il nous fallut faire traîner notre britchka à main d'homme, chez M. Bozzo, Grec de l'ile d'Hydra, ami du riche Varvachi, et son associé dans l'exploitation des pêcheries. J'avois logé chez lui à mon premier voyage en 1818, et il s'empressa de nous offrir l'hospitalité pour les premiers moments de notre séjour à Astrakhan.

Cette ville est située au 46° 21' 7” de latitude nord, et au 45° 45° 45” de longitude est, sur une île formée par deux bras du Wolga. Elle est distante d'environ quinze lieues de la mer Caspienne.

On ne peut pas décrire Astrakhan, plus que Paris, d'une manière générale : mais pendant que dans la capitale de la France, les constructions, les distributions intérieures des maisons sont calculées d'après l'état, les occupations, le plus ou moins d'aisance des habitants, à Astrakhan, les différences qu’on remarque dans chaque quartier sont déterminées par les moeurs et les usages des peuples nombreux qui forment la population de cette ville,

La forteresse ou Kremlin est située sur les bords du Wolga. La cathédrale y est placée; c'est un vaste et bel édifice, auquel on monte par un très-grand nombre de marches, et qu'à son caractère de vétusté j'aurois jugé devoir appartenir à l'ancienne Astrakhan , capitale teinporaire d'un royaume Tartare. Cependant l'opinion commune place ses ruines à quelques werstes de la ville actuelle.

En sortant du Kremlin on entre dans la nou

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