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panegyriste, donne l'idée de ce que sont les Musulmans victorieux.

Malcolm, dans son Histoire de Perse, dit que, lorsque l'armée Tartare, que commandoit Timour (Tamerlan ), arriva devant Dehli, elle avoit plus de cent mille prisonniers enlevés dans l'Afghanistan et dans le Moultaz. Timour ayant résolu de faire le siége de cette ville (1), il jugea << que l'opération pourroit se trouver embarras» sée par le nombre des captifs : un ordre fut » donné pour les tuer, et l'on menaça d'une » terrible punition toute personne qui tenteroit » d'éluder la barbare ordonnance. On croit qu'il » n'échappa pas à la mort une seule des cent » mille victimes. L'histoire du genre humain ne » peut fournir aucun autre exemple d'une si » affreuse cruauté commise ainsi de sang-froid. » Cependant le personnage qui l'a commise a été » vanté par les historiens et les poëtes comme » un demi-dieu; et plusieurs de ces écrivains, » non contents de lui attribuer cette valeur, » cette poliiique et cette habileté militaire qu'il » possédoit certainement, l'ont célébré pour ses ») vertus sans nombre, et sortout pour sa clé» mence et sa jusšice. »

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(1) Histoire de la Perse, par Malcolm , tom. 2, pag. 227. Tel est l'esprit des Musulmans conquérants ou chefs d'empire. Je les ai vus soumis sur les bords du Wolga, sur ceux de la mer Caspienne; j'ai vu les Nogaïs eux-mêmes, à peine devenus sédentaires, et il ne leur restoit plus aucune trace de leur caractère féroce.

A côté de ces Musulmans sectateurs d’Omar, il y a à Astrakhan environ quatre mille Persans de la secte d’Ali. Ils sont tous marchands, et reçoivent les productions de la Perse et du centre de l'Asie que leur envoient leurs correspondants d’Asterabad, d’Enzili et de Bakou. J'ai parcouru leurs bazars ; mais comme nous n'étions qu'à l'entrée du printemps, et au moment des premiers arrivages, ils étoient peu approvisionnés en soie, en coton de Boukharie et du Mazanderan, et en châles de Cachemire.

Les Persans qui vivent à Astrakhan sont habillés avec une sorte de luxe, et ont un air d’aisance et de bonheur qui contraste avec la misère excessive dont ils offrent le spectacle dans leur propre pays. Là, ils gémissent sous la plus affreuse oppression, et sont forcés d'afficher la pauvreté, pour ne pas être exposés à voir aggraver leur sort. Ceux-ci, instruits du sort heureux de leurs compatriotes en Russie, manifestent quelquefois le desir de changer de domination.

OUS V Ive:

M. le lieutenant-colonel Johnson, dans son voyage de l'Inde en Angleterre par la Perse et la Géorgie (en 1817), cite à ce sujet un fait si extraordinaire dans un pays despotique, que je crois devoir transcrire textuellement sa narration.

« Il y a quelques jours, dit-il, Sa Majesté tra» versoit à pied les bazars, lorsqu'un marchand » sortit de sa boutique, et lui dit: Votre Majesté » connoit peu les souffrances des pauvres dans » ce moment; pendant que vous vivez dans » l'abondance, nous ne pouvons nous procurer » du pain : tous les grains, au moment où ils » arrivent de la campagne, sont achetés par » des gens riches, qui, malheureusement pour » nous, sont toujours protégés. Ils sont ensuite » enfermés dans des magasins, d'où on ne les » tire que par petites quantités presque insuffi» santes à la consommation, et qu'on vend alors » à des prix exorbitants. Au nom de Dieu, ne » soyez pas sourd à nos cris, et secourez vos » sujets qui meurent de faim. Le roi écoute » attentivement ses plaintes, et, après lui avoir » fait quelque réponse peu satisfaisante, il con» tinue sa route, accompagné d'un nombreux » cortége, parmi lequel étoit son fils le prince » Ali-Mirza. Le marchand désespéré s’écria : » Que les Russes se rendent maîtres de ce » royaume, pour le soulagement des pauvres ! » Le prince Ali-Mirza, qui est commandant de » la forteresse de Teheran, entendit cet homme, » et en passant il le regarda long-temps et fixe» ment, comme pour graver ses traits dans sa » mémoire et pour le reconnoître. Cependant » cette affaire n'eut pas de suite, et le marchand » ne fut jamais inquiété. »,

Des Hindous, au nombre de deux cent cinquante à trois cents, presque tous du Moultan ou du Lahor, habitent près du quartier des Persans. Ils sont établis dans cette contrée de temps immémorial ; ils y arrivent ordinairement à l'âge de vingt ou vingt-cinq ans, et laissent leurs femmes dans l’Hindoustan. A leur mort, il arrive toujours des héritiers qui se présentent comme leurs fils, souvent même lorsqu'il n'existe aucune possibilité physique dans une pareille filiation. Les Hindous, dont le teint est généralement basané, ont les traits réguliers, et leurs regards ont une expression de douceur très-remarquable, et qui n'est, au surplus, que la fidèle image de leurs goûts simples et de leurs moeurs. Ce peuple paroît n'avoir que deux passions, celle des fleurs et celle de l'or. On trouve dans leurs cours des parterres parsemés de fleurs; ils en

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portent toujours à la main, et ne manquent jamais d'en offrir lorsqu'on leur fait une visite. Leur passion pour l'or n'est pas mois grande : ils le comptent sans cesse, ils le contemplent. Les jours de fête, ils l'étalent devant tous ceux qui viennent les voir.

Les Hindous reçoivent du Lahor des mousselines et d'autres étoffes ; ils commercent avec intelligence, vivent avec économie, et sont généralement riches. Ce qu'on appelleroit usure en Europe, est regardé en Asie comme un intérêt légitime. Dans cette partie du monde exposée à des envahissements, aux conquêtes et à toutes les vexations intérieures , nul homme n'est sûr ni de sa fortune, ni de son existence, et ainsi les intérêts d'un prêt fait à un particulier, quelque riche qu'il soit, se considèrent comme se composant de l'intérêt de l'argent, et de la prime d'assurance pour le risque qu'on court. C'est sans doute par suite des habitudes contractées en Asie, que les Hindous fixés à Astrakhan prêtent leur argent depuis deux jusqu'à quatre pour cent par mois, sur dépôt de marchandises ; et les bénéfices qu'ils retirent de ces opérations usuraires ne forment pas la moindre partie des capitaux qu'ils accumulent.

Il y a à Astrakhan et dans les villages en

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