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plusieurs sectes. La plus nombreuse est celle des raskolniks ou vrais croyants, dont j'ai déjà parlé. Persuadés du relâchement de leur église, ils vivent avec autant de sévérité qu'on le feroit dans les communautés de catholiques de l'ordre le plus rigide. Ils s'interdisent toute jouissance, inutile , et ajoutent plusieurs jours d'abstinence aux deux cent trente jours maigres auxı, quels, dans la religion grecque, on est as$u-4 jéti (1).

Telephone Les raskolniks ne négligent rien pour faire des prosélytes; du moins j'ai lieu de de croire d'après un fait assez curieux pour trouver ici sa : place.

Nous rendant, au mois d'avril 1818, de Tası ganrog à Astrakhan., nous fùmes obligés de nous arrêter à Tchirskaïa, sur la droite du Donets, pour attendre que les pontons sur lesquels nous i devions passer, et qui étoient encore retenus par les glaces, fussent descendus. Pendant notre i séjour dans cette ville, nous reçûmes la visite

(1) Le fondateur de cette secte demeuroit à Yarvorsk, en Wolhinie, d'où il reçut le nom de Yarvorski. Il vivoit sous le règne du tzar Foedor-Alexiowitz. Pierre-le-Grand avoit forcé ces sectaires de porter un morceau de drap rouge cousu sur 'lé derrière de leur habit : ordonnance aujourd'hui en désuétude.

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d'une Française, âgée d'environ vingt ans. Sa tête étoit enveloppée d'un grand châle, qui passoit sous le menton à la manière des femmes Turques, et laissoit à peine apercevoir sa jolie figure. En entrant, elle fit quelques signes de croix de droite à gauche devant une image de la Vierge, placée dans la chambre. Elle étoit dans un état d'agitation difficile à décrire. Voir pour la première fois, depuis trois ans, des Français à onze cents lieues de sa patrie, étoit un événement sỉ éloigné de ses espérances, et qui se lioit pour elle à tant de souvenirs, que nous fûmes quelque temps avant de pouvoir tarir ses larmes. Elle nous raconta que, demeurant dans une des villes de la Lorraine, occupée par l'armée Russe, elle avoit suivi un officier cosaque qui lui avoit promis de l'épouser, en l'assurant qu'il demeuroit seulement à cent cinquante lieues du Rhin. Fuyant la maison d'un tuteur qui l'avoit élevée, et dont elle avouoit qu'elle n'avoit pas eu à se plaindre, elle avoit successivement traversé l'Elbe, l'Oder, la Vistule, pour acquérir si loin de sa patrie la certitude qu'elle avoit été trompée. S'échappant alors de la demeure de son ravisseur, elle s'étoit réfugiée chez la seur d'un général cosaque, zélé raskolnik. Seule et sans appui, elle avoit accepté la protection de cette dame, en adoptant sa religion et la qualité de filleule. Depuis lors, elle vivoit auprès d'elle comme si elle eût été sa fille , s'étant assujétie à la rigide observance des devoirs de la religion qu'elle avoit embrassée. Notre présence avoit réveillé chez elle dans toute sa force le souvenir de sa patrie. En la quittant, je lui promis de ne rien négliger pour lui procurer les moyens de revenir en France, et j'avois fait à ce sujet des démarches, lorsque j'appris qu'elle avoit épousé un officier cosaque d'un rang assez élevé, et qu'elle étoit heureuse.

Mais quelle distance entre la vie d'anachorète des raskolniks, entre cette exaltation qui détermine à l'abstinence de tous les plaisirs, et le fanatisme horrible qui a réuni en une secte nouvelle des hommes qui consentent à une entière mutilation! Cette secte, dont la création ne date que de peu d'années, a fait des progrès bien au-delà de ce qu'on pourroit croire. Ma plume se refuse à tracer les détails des cérémonies qui accompagnent un si affreux sacrifice. D'ordinaire, une vieille femme est chargée des fonctions de sacrificateur : cependant ces sectaires, conservant quelques sentiments d'humanité au milieu de leur barbarie, sont parvenus à éviter

qu'aucun danger n'accompagne cette mutilation.

Il paroît qu'ils fondent leur doctrine sur un verset de l'Évangile qui dit que si votre ail vous donne une mauvaise pensée, vous devez l'arracher; et sur un passage de la Bible, où il est question du bonheur des eunuques. Un homme digne de toute confiance me disoit qu'ayant demandé à un employé de la chancellerie d'Odessa, qui faisoit partie de cette secte, comment il avoit pu se porter à un attentat si douloureux sur lui-même, celui-ci répondit avec un sourire effrayant: Vous ne savez pas ce que c'est que de chasser l'esprit malin. On a voulu, il y a environ huit ans, punir ces sectaires par l'exil en Sibérie : chacun d'eux a envié le martyre, et il a fallu fermer les yeux sur une secte dont la publicité pouvoit favoriser les progrès déjà trop étendus, surtout parmi les marins de la flotte impériale. .. On compte environ huit cents catholiques à Astrakhan, dont six cents Arméniens, le reste Polonais , Allemands, Italiens. Leur église fait partie d'un couvent qui étoit habité par des Jésuites. Un ukase les a obligés de quitter la Russie en 1821, et ils ont été remplacés par des Dominicains. Le couvent de cette ville fournissoit

des prêtres à quelques villages de la colonie allemande de Saratoff, sur les bords du Wolga. Le nombre de ces catholiques s'élève à plus de deux mille. Les Arméniens qui ne sont pas catholiques ont deux églises, et sont sous la juridiction d'un évêque. Enfin, les luthériens ont aussi un temple à Astrakhan.

A côté de ces églises chrétiennes de divers rites, trois familles Anglaises, dépendantes de la société Biblique de Londres, sont venues se fixer à Astrakhan; elles y ont acheté la belle maison du riche Varvachi, et paroissent avoir beaucoup d'aisance. Le but de leur mission étoit la conversion au christianisme des Tartares, des Bouckhares et des Calmouks. Ils distribuent à cet effet des Bibles traduites dans la langue de ces divers peuples; mais le plus grand nombre, ne sachant pas lire, n'en peuvent faire aucun usage, et ceux qui savent lire ne sont guère disposés à changer leur croyance pour une religion privée de toute cérémonie et de culte extérieur. Ces Anglais sont en correspondance intime avec les membres Ecossais de la Société Biblique, qui, ayant long-temps habité près des eaux de Géorgiesk, et ayant été fréquemment pillés par les · Circassiens de la Kabarda, sont venus se fixer à Orembourg. Les membres de la Société Bi

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