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blique ont d'ailleurs des mæurs très-sévères, et sont généralement estimés.

Les Musulmans sont divisés en deux sectes bien distinctes, et dont le rapprochement paroît impossible. Les Sunnites et les Chiites, les peuples du Caucase, tous les Tartares, les Turcs et les Turcomans sont Sunnites; les Persans sont Chiites : chacune de ces sectes a une mosquée particulière à Astrakhan.

Les Hindous, sectateurs de Zoroastre, ont, dans leur enclos, une sorte de temple, où ils adorent les quatre éléments.

Les Calmouks suivent le culte du DalaïLama; le nombre de leurs prêtres est excessif puisque sur quatorze mille six cent cinquante kibitkes qu'ils habitoient en 1818, il y en avoit dix-sept cent sept, c'est-à-dire, plus d'un neuvième, occupés par les prêtres. On assure que dans quelques tribus calmouques, ils sont dans l'usage, au lieu d'enterrer leurs morts, de les exposer dans des lieux écartés, au sommet des plus hautes montagnes, pour les laisser dévorer par les oiseaux de proie et les bêtes féroces. Il est bien naturel, disent-ils, qu'après' notre mort, ces animaux se nourrissent de notre chair, puisque pendant notre vie nous nous nourrissons de la leur.

Les détails contenus dans ce chapitre prouvent que, sans sortir de l'enceinte d’Astrakhan, on peut réunir des notions curieuses et intéressantes sur les sectes répandues dans la Russie méridionale et sur les principales religions de l'Asie.

CHAPITRE XVIII.

Climat.--Hôpitaux. Arsenal de la marine.--Culture.

Pêche du Wolga.-Ancienneté du commerce d'Astrakhan. Avantages de la position de cette ville.—Détails sur la navigation de la mer Caspienne. - Voyage de quatre marchands du golfe Persique à Astrakhan.Bateaux en usage sur le Wolga.- Mesures fiscales qui ont nui au commerce avec la Perse.Dispositions prises par Pierre-le-Grand pour attirer le commerce dans ses États.-—Départ d'Astrakhan pour Taganrog et Pétersbourg.

Le climat d'Astrakhan passe pour être peu salubre, et cependant un médecin très-instruit de cette ville m'a assuré que la mortalité n'étoit ordinairement que d'un trentième environ, ce qui est la proportion des décès à Paris. En 1817, la mortalité a été plus foible encore : sur quarante-cinq mille habitants, il n'en est mort que quatorze cents. Malgré l'introduction de la vaccine, les enfants de cinq ans et au-dessous formoient le tiers des morts : on comptoit dans cette ville quelques centenaires.

L'hôpital d’Astrakhan est situé en très-bon air; les cours et les jardins sont vastes; les chambres sont très-proprement tènues. Il s'y trouvoit peu de malades. Dans le local destiné aux aliénés, on en voyoit sept couchés, et tous atteints de folie mélancolique.

L'hôpital de la marine, que nous avons été voir ensuite, étoit encore mieux tenu. Les maladies vénériennes étoient celles qui y dominoient. Après l'avoir visité, on nous conduisit à un hangar, où nous considérâmes avec admiration deux chaloupes construites par le tzar Pierre-le-Grand lui-même. On peut croire sans peine qu'elles sont aujourd'hui dans un grand état de dégradation ; mais les cordes qui servoient à leur gréément, et qui sont également fabriquées de sa main avec une rare perfection, se sont très bien conservées.

Les bâtiments qui servent à l'amirauté sont très-vastes, ainsi que le parc et les chantiers. Cependant on s'occupe très-peu de constructions, et toutes les forces de la mer Caspienne consistent en quelques bricks et goëlettes. Les Russes, naviguant seuls sur cette mer, et n'ayant aucun ennemi à y combattre, ont beaucoup réduit le matériel de leur marine sur la mer Caspienne. Mais s'il leur étoit utile d'y former des

CISES

armements, il est peu de chantier en Europe qui puisse être approvisionné avec plus de facilité et à meilleur compte que celui d'Astrakhan.

Lorsque les vents de nord-est arrivent dans cette ville, après avoir passé sur les immenses plaines qui s'étendent jusqu'en Sibérie, cette transition d'une grande chaleur à un froid excessif influe naturellement sur l'agriculture de cette contrée, et nuit beaucoup aux plantes qui doivent rester en terre pendant l'hiver. .

Au milieu des terres généralement sablonneuses et arides qui environnent Astrakhan, on s'est attaché avec beaucoup de succès à la culture de la vigne: on prend seulement quelques précautions pour la préserver des gelées. Les premières plantations de vignes sont dues à un prisonnier Autrichien, qui en 1613 embrassa la religion grecque. S’étant fait moine, il cultiva dans les environs de son monastère des ceps de vigne qu'on lui avoit apportés de Chamakhie, et ils y réussirent si bien, que le tzar Mikail-Fædorovitch lui fit donner l'ordre d’établir un vignoble pour le compte de la couronne. Depuis ce temps, la culture de la vigne s'est multipliée dans les jardins d’Astrakhan, et le raisin qui en provient est envoyé frais à Pétersbourg comme celui de Kizlar.

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