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Une grande partie des terres de ce cantor sont couvertes d'une couche de sel, et à peu de distance d’Astrakhan on trouve plusieurs lacs d'eau salée , une mine de sel gemme, et des carrières d'ardoises, de gypse et d'albâtre.

Mais la richesse d’Astrakhan repose moins sur l'agriculture que sur la pêche et le commerce.

On ne peut se faire une idée de l'immense quantité de poissons que fournit le Wolga. L'empereur Paul, chez qui toutes les passions étoient portées à l'extrême, et dont la générosité pour ceux qu'il aimoit étoit sans limites, avoit fait présent aux deux princes Kourakin de la pêche de l'embouchure du Wolga. Le riche grec Varvachi, dont j'ai souvent parlé, en fut long-temps le fermier au prix annuel de 500,000 roubles assignations, et y fit une immense fortune. Cette pêche est aujourd'hui louée 900,000 roubles à un marchand russe nommé Sapojnikoff, qui, avec ses associés, s'y est également enrichi. Il occupe huit à dix mille ouvriers; il couvre tout le fleuve de ses barages et de ses hameçons, et approvisionne la population de la Russie de la plus grande partie des poissons salés et fumés qu'elle consomme pendant ses longs carêmes; enfin il fournit à l'Italie et à la Grèce le caviar, et à presque toute l'Europe, la colle de poisson réclamée par ses besoins.

Je suis descendu à l'embouchure du Wolga pour être témoin de cette pêche, et j'ai examiné les vastes caves dans lesquelles on sale et on conserve le poisson. Dans cet établissement tout est gigantesque. On ne peut se figurer l'é norme dimension des esturgeons qu'on nomme balouga; il en est qui pèsent jusqu'à deux mille quatre cents livres; les assetrines, les saumons, les carpes, les sterlets, tout est hors de la proportion des poissons en Europe. Je renvoie au surplus le lecteur aux ouvrages de Pallas et de Guldenstadt, pour les détails pleins d'intérêt qu'ils donnent sur la pêche du Wolga, et sur celle des phoques ou veaux marins dans les îles de la mer Caspienne.

Astrakhan, par l'effet de sa position, a toujours été une ville commerçante. Dans le moyenâge, nous la voyons servir d'entrepôt pour les relations que les villes anséatiques avoient établies avec l’Asie. C'est par cette voie que Bremen, Hambourg, quelques autres ports situés sur la Baltique et la mer du Nord, l'Angleterre et la Hollande, recevoient les épices, les aromates, les pierreries, les riches étoffes de l'Inde, dont l'Italie et la France étoient alimentécs par

les Vénitiens et les Génois. Lorsque, dans le seizième et le dix-septième siècles, la plus grande partie du commerce de l'Asie s'est transportée vers les établissements fondés par les Européens dans l'Inde, Astrakhan a dû nécessairement se ressentir, comme les ports de la côte orientale de la Méditerranée , de cette révolution dont on n'a peut-être pas toujours bien apprécié les causes.

On a généralement attribué à la découverte du cap de Bonne-Espérance l'anéantissement du commerce de l'Asie par la mer Noire et la Méditerranée, et la ruine de Gênes et de Venise, dont la prospérité reposoit sur ces relations. Il me semble que, dans cette circonstance, on a confondu l'effet avec la cause, puisque la découverte du cap de Bonne-Espérance est postérieure d'environ trente ans à l'expulsion des Génois de Caffa, et à la fermeture de la mer Noire aux pavillons de la chrétienté.

On avoit long-temps envié le commerce et les richesses des deux puissantes républiques d'Italie, et, en parvenant dans l'Inde pår l'Océan, on s'emparoit de ces relations au moment même où l'occupation de toute la côte de l'Asie et de la Méditerranée, et la prise de Constantinople, livroient à la violence et à la barbarie toutes les

contrées qui pendant long-temps avoient été le centre du plus riche commerce.

Depuis que l'ukase du 8-20 octobre 1821 a ouvert de nouveau aux caravanes de l'Asie, sur le territoire d'un Etat puissant et civilisé, des marchés environnés de faveurs et de protection; que ces mêmes caravanes, par suite de l'influence de la Russie, peuvent traverser sans danger toute l'Asie occidentale, depuis la rive droite de l'Indus jusqu'à la mer Caspienne et la côte orientale de la mer Noire; et qu'enfin, de ces marchés, les rapports avec l'Europe peuvent s'établir par mer en temps de paix, et par les communications fluviales en cas de guerre, il n'est pas douteux qu'une grande partie du commerce de l’Asie reprendra son ancienne route, parce qu'elle est plus courte, plus avantageuse, et qu'elle n'est dominée par aucune compagnie privilégiée.

Dès que ce changement aura lieu, Astrakhan, qui communique par une navigation intérieure, d'un côté avec Pétersbourg, de l'autre avec la mer d’Azow, doit nécessairement avoir une grande participation au vaste commerce dont la Géorgie ne peut manquer de devenir le centre.

Aujourd'hui cette ville n'a, pour ainsi dire, qu'un commerce de commission. Les Persans

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et les Arméniens qui y sont établis reçoivent en mai et juin les marchandises qu'on leur expédie de la Boukharie et de la Perse, et les transportent à Makariew, où ils achètent, en échange, les marchandises de l'Europe et des fabriques de la Russie qui conviennent à l'intérieur de l'Asie. Astrakhan est également le point d'expédition pour les fers qui arrivent de la Sibérie, et sont destinés pour Bakou, Enzili et Balfruch.

Les navires qui sont expédiés des ports de la Perse depuis le 1e* avril jusqu'au 1" août, sont alors favorisés par les vents du sud, qui règnent principalement à cette époque de l'année. Plus tard, ces vents soufflent du nord, et facilitent la marche des bâtiments expédiés d’Astrakhan pour Enzili et Asterabad. Il résulte de cette particularité que les bâtiments destinés pour la côte du Ghilan et du Mazanderan, y arrivent précisément à l'entrée de l'automne, au moment où l'air de ces provinces est tellement mal sain, que les capitaines sont obligés de prendre un équipage double, pour remplacer les matelots qui tombent malades ou qui meurent au bout de quelques semaines de séjour sur cette côte dangereuse : aussi le fret est-il toujours à des prix élevés. L'établissement des bateaux à vapeur

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