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sur la mer Caspienne, en changeant les époques de départ d’Astrakhan pour Enzili, aura , outre l'avantage attaché à la célérité de la marche, et de l'arrivée à époque fixe, celui d'éviter la mortalité qui frappe les équipages qui y abordent en automne.

On n'a jamais été dans l'usage de faire assurer les marchandises qui s'embarquent sur la mer Caspienne. Au surplus, tant que la Russie n'aura pas profité du droit que lui donnent ses traités, d'avoir des consuls et des comptoirs dans les ports de la côte méridionale de la Perse, elle n'aura dans ces contrées qu’un commerce secondaire, et sa navigation sur la mer Caspienne sera très-bornée.

Depuis quelques années un assez grand nombre de marchands Russes de l'intérieur viennent s'embarquer à Astrakhan pour le golfe de Koultiouk, sur la côte méridionale de la mer Caspienne; de ce point, ils vont en caravane à Khiva , et jusqu'à Boukhara, en traversant le pays des Turcomans, qui occupent une partie de la côte.

La ville d'Astrakhan, dont le commerce direct en Perse est si borné, n'a encore établi, comme on peut le croire, aucune relation avec l'Inde et l'Arabie par le golfe Persique. Ce

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pendant, au commencement de ce siècle, elle a été témoin d'un voyage qui eût dû tourner son attention vers ces vastes contrées, et lui prouver que, par cette voie, les communications avec l'Inde étoient faciles. ''.

En 1801, Hadji-Abdoula, marchand Turc de Bagdad, Makou , Grec de Philipol, et' deux Arméniens de la Mésopotamie, arrivèrent à Astrakhan avec une cargaison composée de café de l’Yémen, de marchandises de l'Inde, et de tabac de Schiras. La crainte des Vahabites les avoit empêchés de suivre la route ordinaire pour se rendre à Constantinople. Après avoir remonté l’Euphrate jusqu'à Bassora, ils vinrent, en 'quarante-deux jours, à Enzili, sur la mer Caspienne, en passant par Casroum, Schiras, Ispahan, Cachan et Casbin. Ils s'embarquèrent ensuite à Enzili pour Astrakhan, d'où ils remontèrent le Wolga jusqu'à Dubofka. De ce point les marchandises furent transportées par terre jusquà Catchalni , qui en est à quinze lieues. Elles y furent embarquées sur le Don jusqu'à Taganrog, et de là elles furent expédiées pour Constantinople. Depuis cette époque, tous les ans quelques marchands turcs de Bassora traversent toute la Perse pour gagner Recht, capitale du Ghilan , où ils échangent des marchan

dises d'Europe et de l'Inde contre les produits du Candahar, de la Perse, du Cachemire et du Thibet. , ! 1

) , 118, Astrakhan a une navigation assez suivie sur le Wolga et ses nombreux affluens. Ce fleuve a. plus de quatre mille werstes (mille lieues) de cours navigable. Il traverse les plus riches provinces de la Russie, et communique, par les rivières qui s'y jettent, avec les points les plus éloignés de ce vaste empire. Il a l'avantage de ne pas avoir de cataractes, et d'offrir partout un halage facile. Malheureusement, depuis quelques années, il éprouve la diminution graduelle que nous avons eu occasion de remarquer sur la mer Caspienne; et cette diminution est tellement sensible, qu'on ne peut plus expédier d'Astrakhan pour le gouvernement de Perme que des bâtiments de cent cinquante tonneaux au plus, pendant qu'il y a dix ans les bâtiments de deux cent cinquante tonneaux remontoient , le Wolga avec leur chargement entier.

On se sert sur le fleuve de deux sortes de barques : la première, celles de Viatka , amène à Astrakhan des chargements considérables de bois de charpente. Ces bâtiments ont jusqu'à dix - huit pieds de hauteur,, mais en tirent à peine neuf. Ils ne peuvent cependant naviguer

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qu'à l'époque des plus hautes eaux et du débordement du fleuve. A leur arrivée à Astrakhan, on vend ordinairement tout ensemble la cargaison de bois et le navire qu'on dépèce. On donne à ces barques le nom de bela (blanche), parce qu'elles ne sont pas enduites de goudron, usage qu'on a adopté, afin que les acheteurs puissent se servir du bois de ces navires dans la construction de leurs maisons.

La seconde sorte de barque dont on se sert sur le Wolga est celle qui apporte le blé à Astrakhan; elles ont la même longueur que les premières dont j'ai parlé, mais elles ne sont pas aussi élevées, et la membrure en est plus mince: ces bâtiments portent les noms des villes d'où ils sont expédiés. On fait encore usage sur le Wolga de bateaux longs à plates varangues, formés d'un bois léger revêtu d'écorce de tilleul, et ayant un pont. Ils servent au transport des eaux-de-vie , du fer et du charbon. .

On appelle barque de marche celles qui descendent et remontent le Wolga , dont le cours est assez rapide. Leur longueur est de six à douze sagennes (1), sur une profondeur propor.tionnée, et elles sont aussi pontées. Leur équi

(1) La sagenne est de six pieds six pouces six lignes.

page est composé de huit à dix hommes en descendant le Wolga ; il est de quarante hommes pour remonter ce fleuve. Tous ces bâtiments ont un seul mât avec plusieurs voiles.

Après avoir parlé de la navigation intérieure, je dirai encore quelques mots sur les relations actuelles d’Astrakhan avec la Perse.

Rien n'est plus facile que de se tromper dans une loi de douane, parce qu'en prenant les mesures qu'on croit propres à favoriser une nouvelle branche d'industrie manufacturière ou agricole, on ne peut prévoir souvent quelle sera l'influence de ces mesures sur les autres branches d'industrie. Ainsi, une loi en faveur d'une manufacture naissante peut entraîner, par réciprocité de la part des étrangers, des prohibitions qui nuisent à des fabriques depuis longtemps en activité. Ce qui arrive dans les pays -les plus avancés dans la science des douanes doit naturellement survenir fréquemment dans une contrée où la législation fiscale, matière si compliquée et si difficile à bien comprendre, est encore dans'un état continuel d'incertitude.

La Russie, jusqu'en 1812, achetoit à très-bas prix dans le Mazanderan des cotons à courte soie d'une bonne qualité, et qu'elle payoit en ducats. La sortie de l'or a été prohibée en 1812 et 1813,

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