Изображения страниц
PDF
EPUB

on doit

pouds ou trois cent trente-trois livres un tiers, poids de marc, ou quatre cents livres de Russie.

A Tiflis, on se sert aux boucheries, et pour les comestibles, d'une mesure particulière, à laquelle on donne le nom de litre. Elle équivaut au demi-batman royal de Perse, à trois okes turques, et à neuf livres de Russie (1).

Dans un pays si souvent envahi, et quelquefois occupé par les Turcs, et surtout par les Persans,

peu

s'étonner de la variété qu'on rencontre dans les poids et mesures, et dans les usages du commerce. Elle demande une grande attention, lorsqu'on veut acheter ou vendre des marchandises.

Les mesures de capacité sont aussi variées que les poids.

En Russie on se sert:

1°. De la pipe de douze ancres (elle contient cinq cents pintes de Paris environ);

2°. De l'oxhoft ou barrique de Bordeaux, qui contient trente welts, environ deux cent cinquante pintes de Paris;

3o. De l'ancre, qui contient trois wedros (quarante pintes de Paris);

4o. Le wedro contient treize pintes un tiers de Paris.

Mais à Tiflis, où l'usage des barriques n'existe pas

(1) On se sert aussi en Géorgie, surtout pour les grains, d'une mesure nommée codde, qui est égale à deux pouds.

encore, et où le vin et tous les liquides se transportent dans des outres ou bourdouks d'une dimension plus ou moins grande, on se sert de mesures de capacité particulières au pays.

Ainsi, le vin se vend à la chappe , qui contient trois tonques, et à la tonque, qui contient cinq bouteilles et demie de Bordeaux.

Mesures de longueur.

On se sert presque généralement en Géorgie de l'archine russe : elle équivaut à vingt-six pouces six lignes de France.

Cent aunes de France équivalent à cent soixantequatre archines de Russie.

La sagenne est de trois archines, et équivaut conséquemment à six pieds sept pouces et demi.

L'archine se divise en seize verchoks, chaque verchok équivaut à vingt lignes de France.

La werste, mesure pour les distances, est de cinq cents sagennes, de six pieds six pouces six lignes, et conséquemment quatre werstes équivalent à deux mille sagennes ou deux mille deux cents toises, et une foible fraction, environ une lieue de poste

de France, et un dixième.

Mesures

pour

les terres.

On vend dans la Russie les terres à la disséatine. La disséatine, entre particuliers, est différente de celle de la couronne. La première est de quatre-vingts sagennes de longueur, sur quarante de largeur : elle représente donc trois mille deux cents sagennes carrées, et équivaut à trois arpents un tiers de France, de cent perches carrées, la perche de vingt pieds, sauf la différence entre le carré de la

sagenne et celui de la toise.

La disséatine de la couronne, qui est de soixante sur quarante, contient deux mille quatre cents sagennes carrées, et équivaut , à une fraction près, à deux arpents et demi de France, en calculant la perche à vingt pieds.

Dans toute la Géorgie et l'Immirette, on mesure les terres d'après ce qu'on suppose qu'une charrue attelée de quatre, six ou huit bæufs, peut labourer en un jour. Il n'est pas nécessaire de faire observer quelle incertitude il doit exister dans des mesures établies sur des bases aussi incertaines. Il m'a paru que cette mesure équivaloit à environ le cinquième d'une disséatine.

Au surplus, pour expliquer une telle insouciance, je rappellerai qu'en Géorgie, dans toute l'ancienne Colchide, et en Russie, excepté les terrains enclos plantés en mûriers, en vignes ou en safran, ce n'est jamais l'étendue des terres qu'on considère, mais le nombre des serfs mâles attachés aux propriétés. Tel seigneur, en Russie, qui connoît exactement le nombre de ses serfs, n'a absolument aucune idée de l'étendue de ses propriétés.

Dans l'Immirette et la Mingrelie, long-temps sou

on

mises aux Turcs, les poids et mesures russes sont beaucoup moins en usage qu’à Tiflis, et celles dont

se sert à Constantinople sont généralement adoptées.

Le vin cependant s'y vend comme en Géorgie, à la chappe, à la tonque et à la manerque, qui contient une demi-tonque. Je parlerai dans un article particulier des poids et mesures de Constantinople, à cause des relations déjà si fréquentes entre la Natolie, l'Arménie, et de l'extension dont elles sont susceptibles.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Poids et Mesures persans quelquefois en usage en Géorgie.

[merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Dans les kanats de Ghendjé, ou Élisabeth-Pol, du Noucha, du Karabagh, du Chirvan et du Daghestan, aujourd'hui à la Russie, les Persans et les Tartares ont conservé avec leurs anciennes moeurs et coutumes l'usage des poids et mesures persans.

Rien n'est plus difficile que d'indiquer avec exactitude les poids et les mesures de Perse, à cause de leur grande diversité, et du peu d'instruction de ceux qui en font journellement usage.

Le man, ou batman, est le poids le plus généralement en usage à Tauris et dans une grande partie de la Perse. Le batman dont se sert le gouvernement est de quarante sirs, dont cinq équivalent à une livre, poids de marc : c'est à peu près le litre de Tiflis, où ce poids, comme à Tauris, est en usage pour la vente

[ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors]

II,

29

de la viande, du sucre, du café et de beaucoup d'autres objets.

Dans ce même territoire de Tauris, on se sert, pour la vente du blé et du riz, d'un batman de quarantecinq sirs, ou neuf livres, poids de marc; il est aussi en usage dans les ports du golfe Persique.

A Ispahan et dans les environs, on se sert du batman d'Érivan, qui contient soixante sirs ou douze livres, poids de marc.

Enfin le man, ou batman royal (meni-chahi), contient quatre-vingts sirs, ou seize livres, poids de marc, et diffère conséquemment très-peu du batman turc de six okes, ou dix-huit livres de Russie. Il est fort en usage à Ispahan, à Kachan, à Téheran, dans tout le Ghilan et le Mazanderan, surtout pour le commerce de la soie.

M. le chevalier Amédée Jaubert, à qui on doit une partie de ces renseignements, assure qu'à Khoy on se sert d'un man ou batman particulier, qui contient cent soixante sirs, ou trente-deux livres, poids de marc : c'est sans doute celui dont on fait usage pour les achats de coton, comme à Téheran et à Casvin pour le froment, l'orge, le beurre et les fruits

secs.

Le grain d'orge étoit primitivement la base du poids en Perse. On suppose que quatre grains d'orge, nommés djew, équivalent à un pois chiche (ou nockoud); que vingt-quatre nockouds ou pois chiches égalent un mystqual, ou vingt-deux karats. Cette me

« ПредыдущаяПродолжить »