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leur avoir coupé la main droite, qu'il rapporte dans son village, et qu'il suspend à la porte de sa maison comme un trophée.

Si dans un combat un Lesghis est tué Russe ou par un Géorgien, et si celui qui l'a tué est connu, alors un parent ou un ami du mort se présente pour le venger et en fait le serment. Le Lesghis qui s'est dévoué abandonne son village et sa famille, et se place en embuscade à portée de la route, où un peu plus tôt ou un peu plus tard son ennemi doit passer. Il emporte avec lui un petit sac de farine et trois ou quatre queues de mouton chamtouk. Avec cet approvisionnement, n'ayant pour se reposer que son bourca, il reste immobile jusqu'au moment où ses vivres sont consommés. Il revient alors en toute hâte les renouveler pour se remettre à son poste jusqu'à ce que sa vengeance soit satisfaite, ou qu'il ait la certitude que son ennemi a abandonné le pays.

. Les déprédations des Lesghis ne se sont pas toujours bornées à l'incursion de quelques hommes. On les a vus souvent descendre en troupes nombreuses pour piller une ville de la Géorgie ou de la Perse. Pendant le siècle dernier, Chamakhi et Ardebyl ont été ravagées par ces montagnards.

Avec un tel caractère, leur alliance a toujours été recherchée par leurs voisins. Ils se louent volontiers comme soldats, sans s'inquiéter si la nation qui les engage est chrétienne ou musulmane. Ils ont, à diverses époques, fourni des corps

de

troupes aux Turcs, aux Persans et aux Géorgiens; et le vieil Héraclius, dans les dernières années de son règne, en avoit toujours à son service. Comme ce roi de Géorgie étoit souvent hors d'état de les payer, et que les seigneurs refusoient de lui donner l'argent qu'il en exigeoit, il leur envoyoit un certain nombre de Lesghis, qui restoient chez eux jusqu'à ce que ces seigneurs eussent acquitté leur contribution. On voit par ce fait assez curieux, que cette manière de faire payer les contribuables n'est pas d'invention nouvelle, et que dans tous les pays, la violence produit en administration le même mode de perception et les mêmes résultats.

Pour compléter ces renseignements sur les Lesghis, je ne puis mieux faire que donner ici la notice d'un homme instruit, qui connoissoit bien la contrée habitée par ce peuple (1).

« En quittant la Kakétie, sur la rive gauche

(1) Cette notice a été insérée dans les Annales de MM, Éyries et Malte-Brun, à qui je l'avois remise.

» habité

» de l'Alazan (anciennement Alaxone vel Le

bas, en tartare Canichu), descendant cette » rivière, le dernier village géorgien est Gavaze. » De là, pendant un espace de soixante werstes ») environ, on parcourt un pays abandonné, ») mais où l'on voit encore des traces d'anciennes » habitations. En effet, ce magnifique pays étoit

par les Géorgiens, que les brigandages » des Lesghis ont anéantis. Aujourd'hui les Les» ghis Didoizy et Conzoukoory y mènent leurs » troupeaux pendant l'hiver, quand les monta» gnes se couvrent de neige : l'été, c'est le ré» ceptacle des brigands qui s'assemblent pour » aller piller la Kakétie, et surtout le Kizik,

» Différents sentiers conduisent aux monta» gnes. Pour arriver à Belakany, premier vil

lage Lesghis, on trouve sur la route les restes » d'anciens villages Géorgiens, dans l'ordre sui

») vant :

» Le premier, Cartoubany, seize werstes;
» Le deuxième, Lagodechki, douze werstes;
» Le troisième, Tschiaoury, dix werstes;

» Le quatrième, Mezemi ou Perikala , sept » werstes;

Enfin, Belakany, quinze werstes.

Depuis Belakany jusqu'à la rivière Capitschay qui les sépare des Etats du sultan d'Eli

))

» souy, la plaine renfermée entre les monta» gnes du Caucase et la rivière Alazan, appartient » aux Lesghis. Leurs principaux villages sont » Belakany, Sablouaky, Katechy, Kapiz-Dora,

Coradjilli, Mezechki, Gogami, Tschory, avec » Zacatali, Tala, Mouchkachki, Tscherdachki, » Sapintschi, Aliascari, Mamrichki, Djenih» ki, etc., etc.

» Une partie de ces villages sont dans des dé» filés que forment les montagnes, et l'autre » dans la plaine. Les Lesghis proprement dits » habitent les montagnes. Près de l’Alazan, il y n a des Tartares, sujets des premiers , ainsi que » des Géorgiens, qui ont embrassé le mahomé» tisme. Ces Géorgiens s'appellent Ingalos ou » nouveaux, c'est-à-dire depuis peu convertis.

» Les Tartares sont des fuyards de Borts» chaly, de Kazachk et de Schamschadit , qui, » par haine pour les Russes, ou pour échapper » aux châtiments qu'ils avoient mérités, allèrent » chercher un refuge en se faisant esclaves des » Lesghis. Aujourd'hui le gouvernement a plus » de pouvoir et de loisir, et ne souffriroit plus » qu'on retint les transfuges.

Du Gouvernement.

» Les Lesghis sont véritablement libres : ils

» par

» n'ont ni bechks ni princes. Se disant sujets de » la Russie, ils payent une légère contribution ») en soie ou en argent; mais ils sont gouvernés leurs

propres lois. Chaque village choisit » un homme entre les plus respectables, et quel» quefois davantage, d'après la population. Ils

l'appellent kechki : il est chargé de tous les » détails d'administration et de justice. Ces ma»gistrats sont nommés tous les ans dans une » assemblée générale, appelée djamate; mais » lorsqu'ils savent plaire au peuple, ou par leur » conduite irréprochable, ou souvent par l'in» trigue, alors ils restent dans cette fonction, » non-seulement pendant leur vie, mais ils la » laissent comme héréditaire dans leurs familles. » Les richesses, une nombreuse famille, les al

liances, un grand åge, la bravoure, donnent » beaucoup d'influence dans ces assemblées.

» Il n'est pas inutile de remarquer qu'aujour» d'hui le gouvernement Russe influe sur ce » choix, et si le peuple choisit un homme re» connu par son peu d'attachement pour ce gou» vernement, on le force de le changer, et on lui » indique celui qu'il doit nommer. Ainsi le gé» néral-major, prince Eristoff, a changé le kem» chki de Belakany, et leur en a donné un autre, » sans demander leur consentement. Tous les

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